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  • Posté le 19 avril 2016 / 407 visites

Les suites de la note "FRONTEX"...

Vous trouverez ci-dessous la dépêche AFP, reprise par de nombreux journaux, ainsi que l’article du monde du 16 avril, consacré à cette "affaire"...

Paris, (AFP) - La direction générale des douanes (DGDDI) a proposé aux 8.000 douaniers affectés à la surveillance du territoire de prêter main forte aux policiers grecs en escortant les migrants en situation irrégulière vers la Turquie, ce qu’a dénoncé samedi la CGT des douanes auprès de l’AFP, confirmant une information du journal Le Monde.

Selon le syndicat, les douaniers volontaires seront préposés d’ici à fin avril, aux côtés de 171 policiers et gendarmes français déjà en mission sur les îles grecques, à “l’escorte d’étrangers en situation irrégulière au départ de la mer Egée à destination de la Turquie“, précise une note interne à l’administration datée du 1er avril.

Cette opération, qui “n’est pas une mission douanière“ et est “humainement et politiquement indigne“ va “amputer encore davantage la capacité opérationnelle des douanes sur le territoire français“, dénonce la CGT dans un communiqué.

Elle fait suite à l’accord du 26 mars signé entre l’UE et la Turquie, entérinant le renvoi hors des frontières européennes des exilés arrivés illégalement en Grèce. Paris et Berlin se sont engagés à mettre chacun 200 agents à la disposition de l’agence Frontex (surveillance des frontières) et 100 pour le bureau EASO (asile). 50.000 réfugiés et migrants sont bloqués en Grèce.

Selon Michaela Dona, secrétaire générale de la CGT des douanes, interrogée par l’AFP, “les seuls pré-requis pour les volontaires seront de parler anglais et de pouvoir exécuter des gestes coercitifs tels que l’immobilisation et le menottage“. “Les douaniers français ne sont pas les variables d’ajustement des politiques d’austérité imposées par l’UE au gouvernement grec qui a dû, sous la contrainte, supprimer de nombreux emplois de fonctionnaires“, a prévenu son syndicat dans un courrier adressé à la DGDDI.

A la suite de ce courrier, la Direction générale des douanes a amendé sa première note interne, en indiquant dans une seconde note, dont l’AFP a obtenu copie, “qu’aucune autre arme ne devra être portée (bombe incapacitante, bâton télescopique)“ et que “l’usage de mesures coercitives devra rester exceptionnel, les autorités grecques sur place interviendront en premier lieu si cela s’avérait nécessaire“.

Interrogée par l’AFP, la direction générale des douanes a précisé que “sur les 300 fonctionnaires envoyés en Grèce, les douaniers ont été sollicités à hauteur de 40 pour une mission de trois mois, et qu’un plus grand nombre se sont déjà portés volontaires“.



Les douaniers agacés de jouer aux policiers dans les îles grecques

LE MONDE | 16.04.2016 à 09h35 | Par Maryline Baumard

Drôle de mission pour les douaniers français. On les croyait dans les ports et les aéroports à œuvrer contre la fraude et les trafics internationaux, et les voilà en train de boucler leur valise pour la Grèce. La direction générale des douanes leur propose en effet de devenir « escorteurs » durant quelques mois, c’est-à-dire d’être préposés à « l’escorte d’étrangers en situation irrégulière au départ de la mer Egée à destination de la Turquie », précise une note interne à l’administration, en date du 1er avril.

Cette lettre adressée par la direction générale des douanes demande à des agents dépendant de Bercy de faire le même travail que les 170 CRS déjà en mission à Chios ou Lesbos : faire appliquer le traité signé le 26 mars par la Turquie et l’Union européenne (UE), qui acte le renvoi hors d’Europe des exilés arrivés illégalement. Pour postuler, il suffit au douanier de « posséder un niveau en langue anglaise suffisant pour pouvoir évoluer dans un contexte international » et de ne pas rechigner à « exécuter des gestes professionnels coercitifs », comme l’« immobilisation » et le « menottage ».

Arrivée à ce paragraphe de la note, la secrétaire générale du syndicat CGT des douanes, Manuela Dona, s’est franchement agacée. Elle a fait savoir illico à sa direction que « les douaniers français ne sont pas les variables d’ajustement des politiques d’austérité imposées par l’UE au gouvernement grec ». D’autant que, pour Mme Dona, « cette opération n’est pas vraiment une mission douanière », vu qu’elle ressemble fort à une mission policière…

Un jeu de menottes suffira

Sensible à ce dernier argument, la direction a amendé son premier courrier et proposé d’alléger l’équipement du douanier français en mission dans les îles. Ne seront donc plus nécessaires ni le « bâton télescopique de protection » ni la « bombe incapacitante ». Un jeu de menottes suffira puisque, comme le stipule le courrier, « la mission de reconduite des migrants en Turquie revêt une dimension humaine importante ».

Pour ceux qui en douteraient encore, la missive déploie un argument d’un autre genre. Ainsi, les volontaires « participants à l’opération de soutien seront indemnisés à hauteur de 82 euros par jour afin de couvrir les frais de bouche, et de 140 euros maximum par nuitée »… De quoi faire ajouter un supplément de feta sur sa salade grecque.

Dès le lendemain de la signature de l’accord UE-Turquie, la France avait promis d’envoyer 300 agents pour aider à son application. Sa mise en œuvre en nécessite 4 000, selon la Commission européenne.

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