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  • Posté le 24 février 2026.

Réunion technique : Plan Égalité Femmes - Hommes 2026-2028

La réunion technique de construction du plan s’est tenue ce 19 février.
Vous trouverez ci-dessous, la déclaration lue à l’ouverture de la séance ainsi que le compte-rendu.

Un pas en avant, mais le chemin reste long

Cette réunion ne sera pas la dernière, en effet suite à nos multiples interventions l’Administration a fini par intégrer de nombreuses demandes des organisations syndicales. Pour autant, le SNAD-CGT reste mobilisé sur des zones d’ombre persistantes, notamment concernant la sécurité des agents, la charge de travail réelle évaluée et maîtrisée, et le budget consacré à ce plan.

Un plan d’action ne doit pas être une simple vitrine pour les labels, mais un moteur de progrès réel.

Voici ce que nous avons porté, notamment, axe par axe :

Axe 1 : Mixité : il faut sortir des intentions et agir !

La mixité stagne à 38 % à la DGDDI depuis des années, et en surveillance à 25 % depuis plus de 10 ans. Est-ce vraiment un hasard ? Ou une volonté de l’Administration ? Nous n’avons pas eu la réponse…

Le SNAD-CGT a demandé et obtenu la communication genrée des chiffres d’inscrits aux concours et des admissibles. Ceci afin de savoir si le faible taux de féminisation en surveillance est principalement due à une absence de vocation.

L’engagement est pris par ailleurs pour une meilleure adaptation des équipements (notamment en surveillance) aux morphologies féminines. Un état des besoins va être fait. La DGDDI a adhéré au réseau Uniformixité pour partager avec les autres administrations en uniforme, c’est une bonne chose.

 Axe 2 : Parcours et Salaires : il faut corriger les écarts !

Il ne suffit pas de « garantir » dans le titre de cet axe, il faut donner des garanties concrètes !

Nous avons dénoncé l’impact des primes et de la parentalité sur les rémunérations des femmes.
Aujourd’hui encore (source RSU de la DGDDI), les écarts entre les femmes et les hommes vont de 119 en catégorie C à 756 euros par mois en catégorie A+.
Réaliser des études de cohorte ou analyser les écarts ne suffit plus, il faut agir. Le SNAD-CGT réclame des mesures de rattrapage financier concrètes, et la fixation d’objectifs dans les recrutements.

Les conseillers mobilité/carrière ont leur lettre de mission. Il faut maintenant communiquer largement sur leur rôle d’accompagnement dans la carrière de tous et toutes.

 Axe 3 : Vie Pro / Vie Perso : Et la santé des femmes dans tout ça ?

C’est une avancée, nos demandes sur l’allaitement et l’endométriose entrent dans le plan. Une victoire pour la reconnaissance des cycles de vie au travail. Nous veillerons à ce que cela se traduise par des autorisations d’absence réelles et non de simples recommandations.

La santé des agents ne doit souffrir d’aucune approximation, c’est pourquoi il faut impérativement assouplir les autorisations exceptionnelles d’absence (notamment pour les congés hormonaux), tout comme il faut assurer un accès à des sanitaires à tous les agents sur leur temps de service, où qu’ils et elles se trouvent.

Mais la priorité, c’est le retour aux indispos pour les femmes comme pour les hommes ! C’est ainsi que nous respecterons mieux la partition entre vie personnelle et vie professionnelles.
De même, avec des sous-effectifs partout dans les brigades et les bureaux, sans calcul de la charge réelle de travail, comment respecter cette partition ?

Nous avons exigé un droit réel à la déconnexion et non pas un simple guide de bonnes pratiques.

Des ouvertures ont été faites sur l’accompagnement des familles, même si le compte n’y est pas encore sur tous les volets logistiques. Depuis 2020, le SNAD-CGT réclame des solutions de logement pour les parents isolés en écoles. L’administration reconnaît la précarité de ces agents dans ses textes, mais n’a toujours pas trouvé de solution concrète pour les loger dignement lors des formations ou mobilités.

Le SNAD CGT a par ailleurs demandé un travail, décliné localement, sur la recherche de places en crèches avec horaires décalés, et aides à des modes de garde permettant aux collègues aux horaires longs ou décalés de pouvoir faire garder leurs enfants.

Nous avons également demandé que les chefs de service soient sensibilisés aux situations particulières des proches aidants et des parents d’enfant(s) en situation de handicap.

Axe 4 : Violences à caractères sexiste et sexuel (VSS) et Violences Intrafamiliales (VIF) : Le point noir du logement

C’est notre plus grande critique. Le compte n’y est pas !
C’est ici que le bât blesse. Si la Direction Générale affiche une volonté de lutter contre les violences, la CGT dénonce une approche encore trop procédurale et pas assez protectrice.

On parle beaucoup de prévention, mais on fait quoi ?
Le SNAD CGT demande une véritable politique de prévention et d’information. Cela éviterait bien des sanctions si les comportements étaient maîtrisés par la prévention primaire. Des outils existent, il faut mettre en œuvre une politique volontariste.

Nous regrettons que l’administration reste floue sur la portée des sanctions disciplinaires. La pédagogie a ses limites face à des faits graves avérés.

Le SNAD CGT demande un statut au rôle du témoin. En effet, les victimes n’osent pas toujours parler. Le témoin doit aussi être accompagné et protégé. La DG est d’accord.

Le plan mentionne le soutien aux victimes, mais le SNAD-CGT a rappelé une réalité brutale, l’absence de solutions de logement d’urgence reste un frein majeur dans le cadre des violences intrafamiliales. Dire que l’on soutient les victimes sans offrir de toit ou de protection concrète lors des mobilités forcées est un contresens social.

Le passage à de nouvelles plateformes de signalement ne doit pas couper le lien avec les représentants du personnel. Nous exigeons une transparence totale sur le nombre de dossiers traités.

Axe 5 : Gouvernance : un suivi local obligatoire

Nous avons exigé que ce plan ne soit pas piloté que d’en haut. Chaque Direction Interrégionale doit avoir des actions et un suivi local avec les élus pour élaborer des actions concrètes dans des groupes de travail locaux. Le travail en CSAL est donc acquis.

Nous actons des avancées obtenues par notre persévérance. Cependant, le refus persistant d’assouplir les règles d’autorisation d’absence, d’aide aux parents isolés sur le logement et le flou budgétaire global nous font rester prudents.

Une ultime réunion de présentation finale aura lieu avant le vote en CSAR.
Le SNAD-CGT y reviendra avec une exigence, que les paroles se traduisent en actions concrètes assorties de budgets. Un plan non chiffré n’est qu’une promesse qui n’engage que ceux qui y croient.

Sans recrutement, sans effacement des écarts indemnitaires, sans amélioration globale des conditions de travail, le plan restera perçu comme déconnecté du terrain.

En attendant, car nous sommes tous et toutes concernés par l’égalité entre les femmes et les hommes, rendez-vous le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, pour exiger le passage du « dire » au « faire ».

Compte rendu



Déclaration liminaire

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