

Vous trouverez ci-dessous et en pièce jointe la liminaire lue par nos représentants lors du GT Réserve Opérationnelle qui s’est tenu ce matin à la direction générale :
"À la lecture de vos documents, on ne sait pas s’il faut rire ou pleurer. On nous convoque aujourd’hui pour valider une réserve opérationnelle qui ressemble plus à un chantier permanent qu’à un dispositif prêt à l’emploi.
Mise en place en 1872 pour les armées, ce dispositif nous est présenté avec 154 ans de retard… Difficile du coup de comprendre ce niveau d’impréparation et de présentation, le temps ne vous a pourtant pas manqué !
C’est une spécialité maison : on crée une réserve, on écrit des décrets, mais on est incapable de dire combien ils seront, ni même combien ils seront payés.
« En cours d’expertise », nous dites-vous. C’est pourtant simple : dès qu’il s’agit de sortir le carnet de chèques pour ceux qui bossent, l’administration devient subitement muette. Le SNAD-CGT ne validera pas un dispositif où le bénévole finit par payer pour servir.
Vous prévoyez un déploiement dès la fin 2026 avec un Système d’Information (SI) en « lots ». Traduction : on va lancer les recrutements alors que les outils de gestion ne seront même pas finis. Qui va éponger le surplus de boulot manuel ? Le CSRH et les pôles FRHL, déjà au bord de l’implosion avec les contractuels et la protection sociale. Vous rajoutez une couche de RPS sur des services qui ont déjà la tête sous l’eau.
En police ou bien encore en gendarmerie, la gestion d’un vivier de 100 réservistes mobilise entre 3 et 4 ETPT. Nous nous sommes laissés dire que vous en vouliez 300. A effectif constant, vous pourrez facilement comprendre que leur gestion va être difficile voire impossible !
On découvre que vos réservistes pourront « dispenser un enseignement ». Qui a eu cette idée de génie ? Pour nous, la transmission du métier ne se fait pas à la petite semaine.
Quant à votre « déploiement national en cas de crise », c’est le grand flou. On va déshabiller un service de son spécialiste pour l’envoyer ailleurs, et les collègues restants n’auront que leurs yeux pour pleurer et la charge de travail à récupérer.
Grand flou également pour la formation de ces réservistes : Combien de temps ? Quels enseignements ? Dans quelles conditions pour les candidats ? Quid de la formation continue ?
Le dispositif devait être prêt pour les JO, il va finalement s’étaler jusqu’en 2027. On ne sait pas combien vous voulez recruter, on ne connaît pas les DI pilotes, entre nous, c’est un secret d’État ?
En bref :
Vous avez prévu comment discipliner et comment radier sans indemnité. Mais vous avez totalement oublié les accidents de service ou les décès. On sait comment on vire un réserviste, mais on ne sait pas comment on le protège s’il lui arrive un drame en mission. C’est quoi le message ? « Engagez-vous, mais ne vous blessez pas » ?
Et le traitement fiscal des réservistes des douanes ? Seront-ils les seuls réservistes de France à être taxés sur leurs vacations ?
Le SNAD-CGT ne se contentera pas de vagues promesses d’expertises. Nous voulons des chiffres, des taux d’indemnisation et une vraie reconnaissance pour les titulaires qui vont devoir assurer l’encadrement de ce « service hybride »."
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