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  • Posté le 9 décembre 2025.

Besoin de reconnaissance et négociations

Vous trouverez ci-dessous la liminaire lue par les élus du SNAD CGT lors du CSA de réseau qui s’est tenu ce 9 décembre 2025.

"Alors que nous fêtons cette année les 80 ans de la grande conquête démocratique et sociale qu’est la Sécurité Sociale, ce 9 décembre c’est le vote à l’Assemblée du PLFSS. Ce projet de budget de la sécurité sociale est catastrophique pour le monde du travail, entre autres. Que dire du projet réactionnaire du Sénat de parler à nouveau des 3 jours de carence dans la Fonction publique ? Ces discussions autour du PLF et du PLFSS sont un naufrage bien orchestré dont nous connaissons les victimes.

Les prestations sociales, la baisse programmée de l’AAH, celle des allocations familiales, du RSA et des aides pour le logement frapperont les plus vulnérables, encore et toujours.
La désindexation des pensions de retraites de 2026 à 2030 impliquera que les revenus de 10 millions de personnes ne suivront plus la hausse des prix, entraînant une paupérisation accélérée. Alors que des milliers de lits ferment, le budget des hôpitaux serait encore réduit de 5 à 7 milliards.
Le doublement des franchises et participations médicales obligera les personnes malades à payer plus cher leur soin, jusqu’à 350 euros par an.

La suppression de la prime de Noël pour un million de foyers les plus pauvres et la baisse des allocations familiale pour les enfants de 14 à 18 ans sont une infamie pour notre modèle social.

La taxation de mutuelles de santé à hauteur de 1,1 milliards d’euros et celle des activités sociales et culturelles seront inéluctablement répercutées sur les salariés.

Alors vous pourrez nous dire que cela ne concerne pas la Douane, qu’il s’agit de discussions politiques. Mais dans notre communauté douanière vous avez des parents, des personnes en situation de handicap, des retraités, et nous sommes toutes et tous des citoyens.

à la CGT nous avons pleinement œuvré à la mise en place de notre modèle social unique, n’en déplaise, et personne ne saurait imaginer sa destruction. C’est pourtant ce qui est en œuvre, en faisant payer les malades, les plus pauvres, les étudiants, les privés d’emploi, les retraités, les salariés et les fonctionnaires. Pourtant, dans ce modèle que nous avons bâti, il suffit d’aller chercher les 80 milliards d’exonérations de cotisations, les 211 milliards d’aides aux entreprises sans contrepartie, de donner les moyens pour lutter contre la fraude fiscale et celle à la TVA en particulier, de taxer les dividendes ou rétablir l’impôt sur la fortune. Nous aurions alors de quoi travailler au progrès social, à la justice sociale, au développement des services publics, à la reconnaissance des travailleurs, etc.

Aujourd’hui c’est aussi l’occasion de valider ou non votre proposition de créer une revalorisation indemnitaire de « chef d’équipe » de 16,30 euros nets par vacation, et de l’augmentation forfaitaire de 44 euros mensuels pour les CSDS et CSDSA. Nous avions demandé un vote, merci de permettre l’expression de chacun, malgré la mascarade de votre choix unilatéral. Quand on voit là où nous étions en juin, et grâce à qui les choses ont malgré tout évolué, le naufrage aurait pu être pire.
Depuis ces annonces, beaucoup de collègues s’inquiètent. Quelle que soit la « case » dans laquelle ils se situent. Nous les comprenons.
Ce qui devait être une revalorisation va, selon le modèle proposé, devenir la proie du favoritisme, de l’individualisation de la rémunération, de la dégradation des collectifs de travail déjà bien abîmés, de la discrimination, bref, tout le contraire de la cohésion imposée par nos missions de la Surveillance.
En effet, on pourrait revenir sur les notes locales de listes nominatives attribuant de 1 à 3 étoiles aux agents ciblés « chefs d’équipe », évoquant pour les détenteurs d’une seule étoile, de supposées « lacunes » laissant entendre qu’ils sont chefs d’équipe par défaut. C’est au mieux scandaleux, au pire irresponsable.
On pourrait également revenir sur la décision prise à Calais Tunnel de ne plus mettre qu’un seul chef d’équipe alors même qu’il y a deux vacations, dont une hors territoire national. Cette nouvelle directive est d’une telle mesquinerie qu’on ne peut imaginer qu’elle puisse venir de consignes de la direction générale qui chercherait par là à gagner quelques centaines d’euros par an… Vous n’en êtes quand même pas arrivés à ce niveau de petitesse ?
La CGT exige de notifier à vos directeurs locaux, la remise en place immédiate du schéma qui existait jusqu’alors et qui est d’ailleurs expressément prévu par votre instruction cadre : 2 chefs d’équipe par vacation dès lors que les missions sont dissociables et exercées dans des environnements différents.
Nous profitons d’ailleurs de ce passage pour vous demander où en est votre réflexion sur les « oubliés » du dispositif : chefs de site, DNRED, DNGCD, CODT/CODA, brigades de surveillance du musée, de la DNSCE, du Ministère, de l’école.

Nous vous avions demandé de décorréler la question des chefs d’équipe de celle des CSDS/CDU et leurs adjoints, leurs missions étant totalement différentes. Vous ne nous avez pas entendu. En revanche vous devriez écouter attentivement leur colère. Ils ont tous fait remonter leurs inquiétudes aux organisations syndicales. Vous vous devez de leur consacrer un cycle de discussion disjoint et ambitieux, tant sur les missions que sur la formation, la promotion ou la rémunération. Nous allons devoir parler vraiment de la chaîne de commandement de proximité. Parce que votre organisation est illisible, entraînant sentiment d’illégitimité et de mal être. Parce que revoir cette organisation permettrait d’offrir de vraies perspectives d’évolution dont vous vous vantez tant, et ont un besoin de reconnaissance des responsabilités pénales, juridiques, contentieuses et comptables, de la pression qu’ils subissent, de la charge mentale qui est la leur, souvent pris entre deux feux.

Si nous pouvons nous satisfaire que la fonction de chef d’équipe soit enfin un tant soit peu reconnue, car leur fonction est essentielle, les montants sont ridicules et le dispositif proposé ne crée que rupture d’égalité, divisions, discriminations, égalité professionnelle bafouée, pressions. Une véritable négociation aurait permis d’éviter les écueils. Vous les avez refusées, en toute connaissance de cause. En effet, cette proposition est unilatérale, c’est votre choix arbitraire, il ne correspond pas aux attentes des collègues. Nous les organisons d’ores et déjà pour la suite.

Nous vous avions alerté sur la dangerosité de votre pratique du saupoudrage et de la division. Nous vous avons dit que toute mesure indemnitaire devait être accompagnée d’un dispositif de compensation horaire, de formation, de promotion.

Vous avez cru que cela suffirait à acter la reconnaissance de certains. Mais c’est toute la communauté douanière qui a besoin de reconnaissance et qui est attachée au fonctionnement collectif. Et c’est bien ce que nous formulons aujourd’hui, l’ouverture de véritables négociations."

La version en pdf est à télécharger ici :

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