

Vous trouverez ici en pdf et ci-dessous, la déclaration liminaire de nos camarades de l’ONAF lors de leur dernier CSA.
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"Monsieur le Président,
Vous nous avez convié aujourd’hui dans le cadre de ce CSA afin de nous présenter votre projet de restructuration de l’Office National Anti-Fraude, sans que les OS n’aient, pour autant, été conviées à un quelconque groupe de travail sur le sujet. Cela s’annonce mal.
Depuis l’annonce de la transformation, à grand coup de communication, de notre service en ONAF, de l’eau a coulé sous les ponts, et qu’avons-nous vu évoluer positivement depuis l’ex SEJF ?
Pas grand-chose en réalité. Bien sûr, vous allez nous répondre que Rome ne s’est pas construite en un jour. Mais pour les agents qui font exister ce service, le temps est décidément bien long et les incertitudes quant à l’octroi de moyens, d’effectifs et de débouchés en terme de promotion interne, grandissent jour après jour.
Pour rappel, en ce qui concerne notre organisation syndicale, et bien qu’il fut difficile de ne pas céder aux préjugés quant à la genèse de cette idée, nous étions favorablement disposés à discuter de toutes les questions pouvant entourer ce « chantier » avec la volonté affichée d’aller de l’avant, et nous vous l’avions clairement fait savoir.
Alors, à quoi avons-nous réellement assisté depuis que nous sommes devenus un Office ?
Hormis les sourires parfois amusés de nos interlocuteurs à l’énoncé de notre nouvelle appellation, (car là aussi nous n’avons pas eu droit au chapitre quant au choix de la dénomination), pas grand-chose à vrai dire.
Ou plutôt si :
– le départ d’anciens cadres ODJ et de 2 analystes au sein d’une division opérationnelle devenue fantôme,
– des départs de RUL à ce jour toujours non remplacés (Paris, Metz, Lyon, Fort de France ?) malgré un vivier de cadres sup ayant obtenu la qualification d’ODJ, dans lequel, pourrait-on penser, il « suffirait de piocher ». Mais bon, apparemment, ça ne se bouscule pas au portillon.
– un poste de secrétaire général non pourvu au bout de plus de 8 mois (malgré le passage éclair d’un contractuel qui a préféré aller voir ailleurs au bout de … 5 semaines, et ce malgré nos mises en garde quant au fait de recourir à ce type de recrutement (alors que l’on peut se donner la peine de trouver des candidats au sein de nos 2 administrations d’origine)
– une Cellule Nationale (n’ayons pas peur des mots !!) Forensic de 2 agents à Paris que l’on peine à conserver. Pour un service qui se réclame être un Office, ne pouvoir compter que sur aussi peu d’effectifs formés spécifiquement au recueil de la preuve informatique, fonction support absolument incontournable pour assister les enquêteurs dans leurs missions, ce n’est définitivement pas sérieux !!!
– des agents en poste sur les fonctions supports au niveau de l’état major qui peinent à assurer leurs missions (et qui parfois se rajoutent les unes aux autres du fait de l’absence de remplacement à effectuer de-ci de-là).
Quid de la rémunération pour rendre ces métiers attractifs ? Aligner par exemple la prime d’un rédacteur de l’ONAF sur celle des rédacteurs de la DG permettrait de palier le problème de recrutement et assurerait une longévité sur les postes, en plus de remédier à une inégalité de traitement (ce différentiel de rémunération n’existe pas côté DGFIP).
Quid des effectifs supplémentaires alors que nos collègues enquêteurs continuent singulièrement à crouler sous la charge de travail consécutive à des dossiers toujours plus complexes, des demandes d’assistances quasi hebdomadaires et gourmandes en renforts, demandées par toutes les UL (et notamment en Ile-de-France) ? Bien souvent, les enquêteurs « subissent en silence » l’augmentation de leur charge de travail et ce n’est pas parce qu’ils ne se plaignent pas ouvertement et que le travail demeure accompli que leurs conditions de travail ne sont pas pour autant amoindries.
Quid des primes ODJ et OFJ (toujours à créer pour cette dernière) alignées sur la prime OPJ dans les services de Police (150€ mensuel) ?
Quid de la prime management pour les Chefs de Groupe devenus Chefs de service (prime en vigueur sur l’ensemble du territoire pour les chefs de services surv ou op-co), sans oublier leurs adjoints ?
Quid de l’accent mis sur les promotions internes pour les B comme pour les A ?
L’absence de réponse à toutes ces revendications nous laisse véritablement un goût amer de mépris de la part de notre DG.
Alors bien sûr, vous allez encore trouver que nous noircissons le tableau et que tout ne va pas si mal. Oui, si on se contente de regarder ce qui se passe ailleurs dans notre administration (et dans les autres aussi, tant qu’on y est). Une gestion désastreuse de nos services publics, impulsée par l’idéologie régnante du moment (pour combien de temps encore ??), amène à toujours plus de fermeture de services et de baisse des effectifs, rendant l’action de nos collègues de plus en plus difficile dans de nombreux endroits, malgré une communication médiatique intensive, très chère à notre DG.
Mais cette communication à tout rompre (ou enfumage, c’est selon) ne fait pas tout, et nous le savons bien tous.
Nous sommes rodés à ces faux discours consistant à faire croire à nos concitoyens que notre administration, et notre service, sont ultra-efficaces et qu’il n’est donc nul besoin d’accroître budget et effectifs.
Ne nous voilons pas la face, vous êtes (et nous sommes..) tous « coincés », budgétairement parlant, du fait d’une volonté étatique consistant à affaiblir, année après année, nos services publics, pour ne pas dire les saccager.
L’absence de concertation et de groupes de travail avec les représentants du personnel, malgré les engagements pris ici-même, pour discuter de la restructuration de notre service, « ruisselle » de la même méthode décomplexée et pratiquée par les récents gouvernements successifs qui nous a justement conduit à un délabrement du dialogue social que l’on constate malheureusement partout.
Pour conclure, il est désolant de devoir faire ce constat et cela a assez duré, les CSA n’ont pas vocation à n’être réduits qu’à de simples chambres d’enregistrement de vos décisions et de celles de notre DG. Changez de méthode, essayons de discuter enfin vraiment, et faîtes remonter notre profond mécontentement à nos autorités de tutelle.
La CGT de l’ONAF"
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