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  • Posté le 26 juillet 2018 / 109 visites

Jusqu’ici tout va bien...pas si sûr !

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de
ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne
pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains
aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »
Jean JAURÈS

Le 09 juillet se tenait une séance institutionnelle du CHSCT, comme la petite scène locale de ce qui se trame à l’autre bout du monde. Jugeons par nous même, libres, les évènements qui suivirent :

A l’ordre du jour, la restitution de la démarche Bien Être Au Travail (BEAT) en 2017 au bureau du Port et la mise en œuvre en 2018 à la brigade de Saint-Denis Gillot.
A cette occasion, le cabinet de psychologue du travail SJA Conseil, mandaté pour la réalisation d’un diagnostic approfondi avec pour finalité d’évaluer et d’analyser les sources de risques psychosociaux ainsi que les conséquences sur la santé des personnels exposés, et de proposer un plan d’actions de prévention, était invité à donner ses conclusions.

La psychologue du travail venue présenter le bilan BEAT eut à peine commencé son exposé que de nombreuses marques d’intérêt lui étaient montrées.
Ces sollicitations, légitimes, furent très bien résumé par la remarque du président de l’instance, le Directeur Régional des Finances Publiques : De nombreuses problématiques sont communes à nos « maisons » respectives !(traduction : c’est la même M... chez nous).

Au fil de sa présentation, la psychologue du travail expose les résultats du diagnostic, détaille les points positifs et les points à améliorer en s’appuyant sur les séances collectives de travail organisées au bureau du Port et sur les retours un questionnaire préconisé par la DGDDI auquel 55 % de l’effectif n’a pas répondu...

Jusqu’ici tout va bien...

Les questions fusent et chacun semble s’émouvoir à l’accueil des conclusions, négatives et positives, issues de l’analyse d’un échantillon de 17 agents...
Nous exposons alors la position de la CGTR depuis le début de la démarche BEAT : « Cette démarche est cosmétique ! »

Les troubles que rencontrent les agents et le bureau du Port, comme toutes les structures de la circonscription, sont les conséquences des maux des niveaux supérieurs.

Bien sur il y a eu le passage de Manager Profiteur, Capitaine Su Concordia qui a bien retourné le rafiot, mais les professionnels que sont les agents du Port n’ont pas quitté le navire eux et ont eu le courage d’accomplir leurs missions, contre vents et marées !

Nous invitons les présents, particulièrement nos administrateurs supérieurs, à se poser la question des missions déstructurées, des effectifs en déclin permanent, des fondamentaux du service public laminés évoqués dans le bilan d’intervention du cabinet de conseil sous l’appellation moins vilaine de « facteurs indirects ».

Nous avons bien-sur participé, activement, à cette démarche pour mettre à l’épreuve la sollicitude et la bienveillance de notre administration et les effets attendus sont confirmés...

En réponse à notre argumentation, l’administrateur supérieur reconnaît que les causes des maux dont souffrent les bureaux, en l’occurrence celui du Port, sont bien ces fameux facteurs indirects.
Dans un sursaut de sincérité (?!) viennent les aveux, sous formes de prétextes, de l’impuissance face à ces facteurs indirects que, prétendument, nul ne maîtrise ici. Il semble las de devoir mettre en œuvre des mesures de forme d’autant plus, selon lui, inapplicables...

L’exemple d’une mesure proposée par le COPIL BEAT concernant la tenue d’une réunion annuelle DRDDI pour informer les agents sur les évolutions stratégiques et organisationnelles, les perspectives pour le bureau, pour laquelle le directeur régional prétend n’avoir rien à y raconter...

Jusqu’ici tout va bien...

Comme il est facile de toujours trouver quelque chose à redire, c’est là notre défaut, nous lui indiquons avec ironie qu’il peut tout à fait profiter de cette réunion pour informer les agents qu’il ne sait rien, rien vaut déjà quelque chose... Nous lançons même la perche des futures annonces ministérielles mais pas un mot, juste un silence embarrassé...

Décontenancée, la psychologue termine sa présentation. Certainement déçue de n’avoir pu séduire les clients potentiels que sont les directeurs régionaux des autres administrations...
Les postures paraissent de plus en plus difficiles à tenir. La tâche est ingrate, bien que généreusement récompensée, de faire croire à une administration saine, efficiente et moderne malgré les pathologies dont elle souffre de plus en plus.
Sans même évoquer la mise en œuvre de la démarche en 2018 à la brigade de Saint-Denis Gillot, le président du CHSCT, au grand soulagement de nos dirigeants, passe au point suivant...

SA MEME TÉ ??!! (THATS ALL FOLKS ??!!)

Deux jours plus tard, le 11 juillet, voici venir le temps des pleurs et des pompeux discours ministériels.
SEUL LE PRONONCE FAIT FOI...

Ils en ont eux, messieurs les sinistres, des choses à raconter : CHSCT, CT, CAP revisitées à la sauce libérale. Recours aux contrats et rémunération méritante pour moderniser la vielle maison Douane. Un accompagnement rance et forcé (ou renforcé je sais plus...) en matière de destruction de carrière (c’était peut-être d’évolution ?! Excuse mon pardon...).

D’un coup et d’un seul, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics, donne le menu et, dans une xyloglossie* caractéristique
, annonce qu’à « l’issue de la période des élections professionnelles, le gouvernement fera part de ses arbitrages sur les sujets, puis présentera au parlement, au cours du premier semestre 2019, un projet de loi mettant en œuvre les orientations retenues ».

Après les élections mi di azot !
Pour permettre aux sous-chefs de la DG de dédramatiser le carnage, de ne pas laisser monter la colère, la révolte, de ne pas permettre l’organisation de la lutte ?

Jusqu’ici tout va bien...

Dans une posture de contrôleur général de l’Ancien Régime, avec une jolie bouteille en plastique sur le pupitre, le ministre de l’action et des comptes publics himself donne la météo :

La tendance est au brouillard, ou plutôt à l’embrouille : tel un joueur de bonneteau, le sinistre, assisté de ses complices administrateurs, ne montre jamais la bonne couleur mais promet toujours la richesse.
D’abord il parle de ce que la Douane fait, il flatte l’image de sauveur des poumons français face aux contrebandiers seuls pourvoyeurs de nicotine goudronnée (?!). Puis, mystérieux et sarcastique, il parle de ce qu’elle ne fera plus, le recouvrement de la fiscalité relevant de l’État.

Comme le macaron n’est pas complet il rajoute la coque du « fantastique défi, l’enjeu du Brexit », promettant des moyens complémentaires (qui sont aux moyens supplémentaires ce que l’efficience est à l’efficacité).

Et enfin de conclure par une leçon de morale à ceux qui n’adhèrent pas, lâches fainéants devant l’effort qui sont, il l’affirme, les meurtriers du service public...

Jusqu’ici tout va bien...

Quelques jours passent et la coupe du monde devient française. Hasard, coup de bol ou coup de poker, le calendrier des annonces est bien fait !

Plus de problèmes, plus d’embrouilles, les esprits sont apaisés... Mais comme ça ne Marche pas vraiment et que l’actualité internationale ne passionne pas les foules, un petit sacrifice vient détourner l’attention. Un nervi zélé saute et tout le monde est occupé... (L’affaire d’État est grave et létale pour la République, elle ne doit pas faire diversion).

Alors on fait un point d’étape sur le recours aux contrats, la fin des CHSCT et CT, la
marginalisation des CAP, histoire de voir si l’audience bouge, si poisson i bèque bonne heure...

ET BAM !!! On réinvente le service public en 152 pages !!

Dans une posture de stand up (à l’écrit il faut le faire !), on expose, le pull sur les épaules (toujours à l’écrit, c’est fort !), le business plan des 22 propositions pour un 2022 heureux.

Certains n’avaient rien à raconter, maintenant que la lame est passée nous verrons si leur filet a été bien coupé.
Chacun lira et se rendra compte de l’ampleur de la menace. La lucidité est le pré-requis de la lutte.
Nous pourrions encore une fois le dire, jusqu’ici tout va bien.

Mais dans cette chute qui semble inéluctable à beaucoup d’entre nous, l’important c’est l’atterrissage... Dans ce déferlement de haine, sur vous, sur votre histoire, sur vos valeurs, sur le monde que vous laisserez à vos descendants, un choix vous sera imposé.

Après avoir pris conscience des évènements, il faudra être d’accord ou non.
Après avoir pris position, c’est l’indignation ou la résignation qui s’imposera.
Après la résignation, nous le savons tous, c’est l’atterrissage qui s’opérera...
Mais après l’indignation c’est bien votre mobilisation, celui de toutes les intelligences libres, avec toutes les forces de progrès, qui sauvera du fracas ce qui a donné à chacun d’entre nous, un jour, le sentiment d’être utile à tous en étant au SERVICE DU PUBLIC !

Nous serons au rendez-vous !

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