

Un groupe de travail sur la douane verte s’est tenu à la DIPA le 25 novembre, voici la liminaire lue par nos représentants : (elle est aussi disponible en bas de page avec le compte rendu complet).
"Mesdames, messieurs, nous voilà conviés à un groupe de travail sur la douane verte, groupe de travail que nous attendions depuis un long moment tant ces problématiques seront impactées à court, moyen et long terme.
Est ce que notre attente est déçue ? Sans vouloir divulgâcher la teneur des débats, et sans y aller par 4 chemins, nous dirons, oui… et nous allons nous en expliquer de suite par le contexte.
La France est signataire des accords de la Conférence des Parties sur les changements climatiques (COP) et a établi en concertation avec l’union européenne une trajectoire de manière à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) jusqu’à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, de manière à limiter le réchauffement à un niveau équivalent à +1,5 degré par rapport à l’ère préindustrielle.
Une limite de réchauffement qui selon les études sérieuses n’est déjà plus un objectif réaliste. Mais pour rester dans un objectif de limitation des GES, il va falloir faire passer le bilan carbone de chaque citoyen d’environ 10t de CO2 par an à 5 en 2030 et 2 en 2050.
Sur les 10t d’émission de GES par habitant, 1 tonne est issue des services publics, ce qui nous amène ici. Et ces chiffres ne sortent pas de l’imagination de khmers vert ou d’activiste mais bien d’étude scientifique validée par le gouvernement à tel point qu’on les retrouve dans les formations à la transition dispensée à tous les cadres supérieurs de la fonction publique d’État sous la tutelle directe du cabinet du 1er ministre.
Une fois le cadre posé et les enjeux connus à savoir le maintien pour l’espèce humaine de l’équilibre climatique nécessaire à sa survie à horizon 2100, viens la question, sommes-nous à la hauteur ?
Pour essayer d’être un peu plus consensuel, on peut dire qu’à la lecture des documents de travail, en 1995 la DIPA aurait été précurseur, en 2005 elle aurait été dans le wagon de tête, en 2015 elle aurait suivi le mouvement, aujourd’hui, on dirait plutôt qu’elle a l’air à la traîne et c’est le cas de la Douane en général.
Ce qui transparaît des documents c’est bien un manque de maîtrise du sujet, avec des thématiques dont on se demande ce qu’elles font là, comme la qualité de l’air, point important mais qui aurait bien plus sa place en FS qu’ici car admettons-le, notre impact à ce niveau sur les plateformes est dérisoire. Nous pouvons juste palier aux conséquences des problèmes que nous analysons, mais en aucun cas les résoudre.
Et c’est bien le but après tout de ce groupe de travail, faire avancer et évoluer les choses.
Alors commençons par dire ce qui n’est pas à la main de l’administration. Tout d’abord, le contexte aéroportuaire qui est, par essence, une aberration écologique, des flux physiques rapides ayant le pire rapport GES/poids, des infrastructures demandant une artificialisation des sols à outrance, et le délire du fret express… ce ne sont pas les 12 ruches et les 8 km de pistes cyclables que ADP va mettre en avant qui vont compenser les choses, autant mettre du baume à lèvre sur une brûlure au 4e degré.
Mais de cela on ne vous tiendra pas rigueur, la douane compte pour peu dans ce système et il faut s’adapter au contexte. Pour autant, nous pouvons montrer l’exemple.
On ne vous tiendra pas non plus rigueur de la nécessaire évolution des mentalités.
• Car c’est aussi cela le problème de la transition, tout un chacun doit effectuer son cheminement, accepter et s’approprier les changements.
• et c’est là aussi que pour nombre d’entre nous le bas blesse. Comment concilier les nécessités du changement avec les habitudes et le confort qu’elle procure ??
Eh bien on ne peut pas, le changement sans changement n’est pas une solution réaliste, ce n’est même pas une solution du tout.
Que pouvez-vous faire face à cela ? déjà, aider. L’IGPDE propose des formations sur la transition pour en expliquer les enjeux, vous pourriez les décliner au niveau local de manière à susciter l’adhésion d’une partie du personnel.
Et puis surtout, l’administration doit montrer l’exemple. en sortant des injonctions contradictoires et de la dissonance cognitive, du type pour l’écologie il faut limiter les trajets et faciliter le télétravail et de l’autre, refuser que les formations e learning se fassent en télétravail.
Nous sommes dans une phase de transition, qui s’étend aux fondations de notre système, il faut changer de logiciel, changer de paradigme, ou à défaut nous courrons tous collectivement à l’échec.
Nous ne construirons pas un modèle économique viable en équilibre, sur les mêmes bases que celui qui est en train de le détruire.
Pour rappel, selon carbon4, think tank, qui a fortement participé au plan transition de l’État, le modèle économique basé sur la croissance et le libre échange qui est le notre actuellement, s’analyse du point de vue des sciences physiques à comme une extraction des matières premières.
de manière à les transformer en produit, et dont le sous produit est l’émission de tout un tas de déchet (loi de la conservation) que nous appelons déchets et pollution.
Il faudra bien sortir de ce mode de pensée.
Mais, revenons au sujet, une fois que l’on sait ce qui n’est pas à votre main, reste à savoir ce que l’on peut faire. Il y a quelques idées dans les documents de travail, mais ce sont parfois des offres soumises à conditions (sous réserve d’avoir l’argent), il y a des lacunes d’explications méthodologiques en ce qui concerne le bilan carbone sur lesquels nous reviendrons (avez vous inclus le bilan des services douaniers qui sont logés chez un opérateur, notamment pour l’électricité ou le chauffage).
Il y a des grands absents, comme la biodiversité, alors que nous avons une partie domaniale que nous pourrions mettre à profit pour le bien de tous. Mais surtout, ce qui nous manque ce sont les objectifs… Nous avons une vision du bilan carbone en 2019, mais sans mise en perspective ni objectif pour les années à venir. Nous ne savons pas où nous allons.
Voilà nos premières impressions à la lecture des documents, nous n’émettrons pas d’avis sur les raisons qui font que ce sujet n’est pas traité à la hauteur de ce qu’il devrait être, est-ce un manque de connaissance, un manque d’envie, ou tout simplement pas la priorité ?
Pour autant, on ne désespére pas, car si l’écologie est beaucoup moins tendance qu’au moment du covid, ce n’est pas parce que nos centres d’intérêt ont changé que le problème n’existe plus. Bien au contraire, à force de ne pas s’en occuper il ne cesse de grossir et quand on s’en apercevra il sera trop tard.
Ce que nous proposons c’est bien comme nous l’avons martelé à plusieurs reprises, être la locomotive plutôt que la queue du wagon, de montrer l’exemple et pour citer le Mahatma Gandhi, l’exemple n’est pas le meilleur moyen de faire changer les choses… c’est le seul.."
La liminaire :
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Le compte rendu :
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