

Vous trouverez ici le dernier numéro de Contrebande, le journal de la section normande.
En voici l’éditorial :
"Retraite : suspension, décalage, fumisterie :
Le 14 octobre 2025, Sébastien Lecornu annonce la « suspension » de la réforme des retraites. D’emblée, les nouveaux aficionados intéressés de la macronie priant pour une résurrection électorale s’approprient sous les vivats cette victoire à la Pyrrhus.
Une amie emploie souvent cette expression « avec des amis comme ça pas besoin d’ennemis », nous ne saurions mieux qualifier cette trahison d’une certaine partie de la gauche et de certaines organisations syndicales.
Espérer nous faire croire qu’une suspension serait un pas vers l’abrogation en 2027, c’est une trahison doublée d’un mépris pour les salariés, et l’ensemble des classes populaires, que l’on prend pour des imbéciles après les avoir qualifiés de « sans dents ».
Transition idoine pour lister les concessions consenties pour un amendement qui ne passera pas les fourches caudines du fonctionnement législatif. Sans rentrer plus avant dans la technique technocratique, la suspension de la réforme des retraites a une chance infime d’aboutir ; par contre subordonner « la suspension » de cette réforme à l’approbation inconditionnelle du budget le plus austère depuis 2010 par l’assemblée nationale est
une réalité.
Pertes de revenus pour 17 millions de retraités, pour 13 millions de malades chroniques, pour 1,3 millions
de bénéficiaires du RSA, pour 300 000 étudiants, coupe budgétaire de plus de 7 milliards pour les dépenses de santé, gel du point d’indice et augmentation dans le même temps du budget de l’armement de 3,3 milliards en 2026 ce qui le portera à 56,7 milliards ; 32,3 milliards en 2017, ce n’est plus Macron mais Néron, ce ne sera pas commode pour la plèbe.
Alors, pourquoi signer ?
Pour certains, c’est pour exister dans le jeu électoral, quitte à renier leur conviction profonde d’humanisme international en nous précipitant dans une logique de guerre, après Lénine, certains pourront chanter « Jaurès relève toi, ils nous ont trahi » ; pour d’autres... organisation syndicale au service d’un libéralisme effréné, c’est l’objectif de la retraite par points (individualisme option 1), pas vers la capitalisation (individualisme option 2) signant le glas du système le plus équitable et collectiviste au monde, le MEDEF applaudit, ce sont les travailleurs que l’on trahit.
De notre côté, à la CGT, nous ne tombons pas dans le panneau… La seule réelle suspension de la réforme des retraites c’est le blocage immédiat, par la loi à 62 ans et 9 mois et 170 trimestres, qui doit ensuite permettre son abrogation, premier pas pour revenir à la retraite à 60 ans en complément d’une augmentation des salaires et des pensions…
Dans cette logique, nous n’avons pas non plus notre place à la conférence sociale sur le travail et les retraites du 5 décembre convoquée par Macron-Lecornu !"
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