

Le CSA de la DI de Nouvelle Aquitaine s’est réuni le 24/11/25.
Vous trouverez ci-dessous et ci-joint la déclaration de la CGT douanes lue à l’ouverture de la séance.
Bonne lecture
Monsieur le Président,
Alors que la croissance du trafic de stupéfiants menace la cohésion sociale et la sécurité de nos concitoyens, que les marchandises tierces déferlent via les plateformes de e-commerce, que la montée en puissance de delta IE et la re-codification exigent de nouveaux efforts d’adaptation pour les agents, on assiste à un délitement des moyens qui sont donnés à la douane pour exercer ses missions.
Des suppressions d’effectifs touchent les unités de l’interrégion, les bureaux de douane ne tiennent qu’à un fil dans beaucoup de départements, le réseau des centres de viticulture continue à se désagréger et la mission comptable de la DGDDI est une nouvelle fois dans le collimateur de Bercy qui envisage sa disparition.
Ce contexte exacerbe les tensions interpersonnelles dans les services et les solutions qui sont préconisées font figure de pansements sur une jambe de bois.
Beaucoup de nos collègues connaissent l’expérience de la précarité : nous pensons aux agents détachés qui de façon brutale voient leurs contrats non reconduits ou aux agents titulaires impactés par des restructurations dont le reclassement va être de plus en plus difficile.
La politique de l’offre qui est menée depuis une décennie, l’augmentation des inégalités qu’elle génère sur fond de disparition des services publics dans les territoires ruraux et les quartiers populaires sont facteurs de souffrance et de violence.
Nos collègues y sont confrontés dans l’exercice de leurs missions.
Pour la CGT, le salut comme pour les autres services publics, ne viendra que grâce à des investissements massifs en moyens humains.
Depuis trop longtemps les efforts demandés ne pèsent que sur les travailleurs et les retraités alors que dans le même temps la France est chaque année la championne d’Europe de la distribution des dividendes.
Ce montant s’élève à 68,8 milliards d’euros en 2024, il est en hausse de 8 % par rapport à 2023.
Selon un rapport parlementaire, 211 milliards ont été versées aux grandes entreprises en 2024 sans contrôle et sans contrepartie en faveur de l’emploi, de l’augmentation des salaires, de l’investissement productif, du respect de l’environnement ou encore de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Dans le même temps, les agents de la Fonction Publique subissent le gel du point d’indice, la suppression de la GIPA, la ponction de 10 % sur les rémunérations en cas de congés maladie et des baisses continues des crédits alloués aux politiques d’action sociale.
Ce ne sont pas les maigres subsides qui vont être versés aux chefs d’équipe qui vont changer quelque chose à cette équation.
Là où une formation qualifiante aurait été nécessaire incluant une véritable reconnaissance indemnitaire à la hauteur des responsabilités et des compétences demandés, la DG met en place unilatéralement une rémunération à la tâche dont beaucoup d’agents seront exclus.
Le choix de la start-up ALAN pour la protection sociale des agents du Ministère dans des conditions occultes est un coup dur porté à la mutualité. La recherche de rentabilité qui est sa raison d’être aura forcément des conséquences néfastes pour le budget des ménages malgré la participation de l’employeur qui, rappelons le, exclut les retraités.
Les droits des agents continuent également à être laminés, les lignes directrices de gestion ont remis en cause le principe pourtant constitutionnel que les agents participent via leurs représentants élus au fonctionnement et à l’organisation de leurs services.
Aujourd’hui, l’arbitraire et l’opacité ont remplacé ce principe en matière de promotion et de mutation. Nous en trouvons l’illustration dans les risques figurant dans les DUERP.
Autre recul, depuis un an et demi, les agents de la branche surveillance sont privés abusivement du droit de grève ce qui les rend taillables et corvéables à merci face à un employeur qui ne leur donne pas les moyens d’exercer leurs missions dans des conditions satisfaisantes.
Dans ce contexte social de plus en plus dégradé, la CGT appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 02 décembre prochain pour imposer un budget de progrès social et exiger une véritable justice fiscale, une hausse générale des salaires et des moyens enfin alloués aux services publics.
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