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  • Posté le 13 mars 2019 / 71 visites

Communiqué de presse de la Bourgogne

Rédigé par le SNAD-CGT et Solidaires

Vous trouverez en outre le dernier numéro du Douanier Bourguicomtois.

Administration régalienne rattachée au Ministère des Finances, la douane est la police des marchandises. Contrôle et régulation des flux commerciaux, soutien et conseil aux entreprises, lutte contre l’évasion fiscale (estimée à 80 milliards d’euros), le travail dissimulé, la pollution, les trafics d’armes, de contrefaçons, de stupéfiants, d’espèces animales, elle est également associée au recueil d’informations dans le cadre de la lutte anti-terroriste auprès des services de renseignement. La Douane est aussi garante des rentrées fiscales de l’Etat, puisque 15% des recettes sont recouvrées par les services des Douanes.

Voilà 25 ans que la douane est soumise aux réformes incessantes. A chaque fois, les mêmes corollaires : Fermeture d’implantations douanières (bureaux et brigades), centralisations et destructions d’effectifs. Sur les 20 dernières années, 6000 emplois ont été supprimés, soit 30 % de la masse salariale, c’est unique pour une même administration ! Sur la même période, en Bourgogne, 7 services ont fermé. A ce jour, la brigade de Chalon/Saône est en sursis grâce à un recours devant le tribunal administratif déposé par la CGT, mais sa fermeture est à nouveau à l’ordre du jour. Idem pour les bureaux de dédouanement d’Auxerre et Chalon. Concernant les effectifs, la saignée continue (encore -5 agents pour 2019) malgré les sous-effectifs déjà alarmants au sein de presque tous les services de l’interrégion. Le manque de moyens humains se traduit par une grande souffrance au travail, et par l’abandon pur et simple de la mission de contrôle dans plusieurs sites. Les centralisations et inter régionalisations impactent négativement les agents mais aussi les opérateurs qui voient leurs procédures se complexifier et la disparition de leurs interlocuteurs de proximité. A peine créés, certains services sont déjà voués à disparaître : ainsi, les Recettes Interrégionales, nées de la fusion des Recettes Régionales, pourraient bientôt voir leur mission de recouvrement confiée à une agence nationale privée. Tant pis pour les agents de la Recette régionale de Franche Comté qui avaient fait le choix de suivre leur emploi à la RI de Dijon !
C’est une voie qui ne peut être suivie, car in fine, la Douane, en manque de moyens humains et financiers, n’est tout simplement plus en capacité d’assurer ses missions.
M. Darmanin et le DG se félicitent chaque année du bilan de la douane. Ce dont ils ne se vantent pas, c’est qu’à l’heure actuelle, 99 % des marchandises qui entrent sur le territoire ne sont pas contrôlées. Sur 5 millions de jouets contrôlés, plus d’un million sont non conformes, parmi lesquels 53 000 sont considérés comme dangereux. En réalité, si la Douane continue à enregistrer d’excellents résultats, c’est tout simplement parce que les trafics explosent dans tous les domaines !

Les douaniers de Calais et de Dunkerque ont lancé un mouvement national de protestation depuis la nuit du dimanche 3 mars 2019.
Lors d’une large consultation des collègues de leur direction, ils ont établi une liste de revendications : Augmentation de l’Allocation Complémentaire de Fonction, de l’Indemnité Mensuelle de Technicité, de l’Indemnité de Risque, des heures de nuit, des jours fériés, l’abrogation de la journée de carence, la prise en charge par l’employeur d’au moins 50% de la cotisation de mutuelle, comme cela est une obligation dans le secteur privé...
A cause du gel du point d’indice et de l’inflation, le salaire d’un agent de catégorie C en Douane a perdu 200 euros, et les cas de surendettement ont été multipliés par 10 ces dernières années chez les douaniers ! La réforme des retraites, telle qu’elle se présente, débouchera sur une baisse radicale des pensions ! Assez de sacrifices !
Les revendications qui sont à l’origine du mouvement actuel (improprement attribué aux inquiétudes liées au Brexit, qui n’est que la goutte qui fait déborder le vase), nous les portons depuis des années dans les instances et lors de nos nombreuses manifestations, et n’avons obtenu que du mépris. Les douaniers se sont jusque là adaptés à chaque réforme, souvent dans la douleur, sans jamais aucune reconnaissance, maintenant ça suffit !
Partout sur le territoire, les douaniers expriment en ce moment leur ras-le-bol, que ce soit par la grève (un préavis est lancé par l’intersyndicale douanière depuis le 8 mars et jusqu’au 5 avril) ou par des actions de contrôles poussés, comme dans les aéroports, les péages ou les points frontière. Localement, les représentants du SNAD CGT et de Solidaires ont d’ores et déjà appelé l’ensemble des personnels de l’inter région de Dijon (Bourgogne, Franche-Comté, Centre Val de Loire) à rejoindre le mouvement de protestation actuel. Des actions sont déjà en cours dans différents bureaux et brigades, et cela n’est qu’un début si la colère douanière n’est pas entendue. Les représentants de l’intersyndicale doivent rencontrer le Ministre le 12 mars.
Nous demandons que cesse le démantèlement du réseau douanier, et que l’utilité sociale, économique et environnementale de la Douane soit reconnue. Nous demandons que l’argument de "budget contraint" ne préside plus aux choix gouvernementaux s’agissant d’une administration régalienne et garante de la sécurité publique.
Plus largement, nous nous opposons à la destruction du service public et du statut du fonctionnaire, qui garantissent l’intérêt général. La sécurité, l’éducation, la santé, la culture... sont des biens fondamentaux, pas des marchandises ! Le service public est le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas, il est donc primordial de le préserver !


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