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  • Posté le 6 décembre 2019 / 88 visites

La braderie continue pendant les travaux !

Une grosse séance de travail s’est tenue le 26 novembre à la direction d’Ile de France. Le directeur nous avait prévu neuf points à l’ordre du jour et estimait, sûrement de bonne foi, que l’ensemble des discussions pouvait largement tenir dans les délais qui nous étaient impartis. Manque de chance, pour lui, nous avons passé la matinée sur les propos liminaires qui n’avaient presque aucun rapport avec l’ordre du jour.

Forcément, l’actualité douanière et sociale n’est pas toute rose. Malgré son assurance, notre directeur a bien du répondre sur les interrogations de l’ensemble des OS sur les conséquences du rapport Gardette. Sur ce dossier, le directeur nous a fait une réponse assez simple et somme toute, sans surprise. A savoir, la même que celle de monsieur Gardette ou de la Directrice Générale : “soyez satisfaits que l’on puisse encore discuter et que l’on dissocie le recouvrement du contrôle, car on pourrait tout perdre”.

En bref, on travaille sur la méthode de fermeture des services et la dissolution de l’emploi douanier dans les services de nos collègues de la DGFIP. Et comme la décision est politique, on ne peut rien y trouver à redire. Ce n’est pas parce que l’on discute que les réformes ne se feront pas.

Les arguments qui consistent à expliquer que le rapport Gardette lui-même estime (page 36) que cette réforme ne sera pas pertinente en termes de budget, ou que la réforme est menée dans le seul but de trouver un débouché professionnel au seul rapporteur du texte, ou que le rapport n’est qu’une commande politique à courte vue d’un ministre en manque de popularité sont balayés d’un geste de la main. On vous le dit : le gouvernement a toujours raison, les lobbies décident, l’administration suit, même quand les ordres sont idiots.

Le seul point soumis au vote était l’ouverture de l’expérimentation sur le PPF de Toussus Le Noble. Cette mesure a été adoptée. La CGT a rappelé qu’une structure avait existé par le passé et que des résultats existaient dans cette brigade en termes de LCF. Nous savons qu’il est délicat de créer une structure à partir de presque rien, en urgence, sur commande politique. Mais nous relevons positivement la création de dix postes à la brigade des Ulis pour mettre en place cette expérimentation. Il ne reste plus à la direction qu’à tout mettre en œuvre pour garnir cette brigade des effectifs nécessaires pour réaliser cette mission correctement. Nous savons par expérience que notre administration est toujours la meilleure pour supprimer des emplois et des missions, mais savons aussi qu’elle a toujours énormément de mal à créer des structures.

Concernant la BSITM, le directeur nous a annoncé que des travaux auraient lieu au cours des mois à venir. Toutefois, pour pouvoir réaliser, enfin, ces travaux, il faudra déménager une partie des locaux pendant un temps. L’idée ne nous effraie pas a priori, sauf que le coût de la location trouvée, même si sa situation dans la gare du nord est idéale, ne nous ravit pas, surtout si les travaux durent plus longtemps que prévu. Nous sommes toutefois ravis de constater que pour une fois, les arguments de budget que l’on nous oppose si souvent sont cette fois ignorés.

Enfin, le directeur n’a fait aucune annonce sur la sûreté. Le devenir de la mission n’est pas encore fixé au cabinet du ministre. Ainsi, la seule annonce que l’on peut obtenir à ce jour, est la certitude que si la mission disparaît, les agents seront affectés à une fonction de support des autres brigades de Paris qui sont en sous-effectif.

Le directeur nous a confirmé la tenue d’un groupe de travail sur les missions et le fonctionnement des services des opérations commerciales. Cette réunion, qui suivra celle organisée à la DG une semaine plus tôt, sera l’occasion de parler métiers, contrôles et synergies. Le SNAD-CGT s’enthousiasme de pouvoir s’asseoir à la même table que les décideurs afin d’y exposer ce qui nous semble problématique. Par contre, nous insistons sur l’importance du travail des douaniers. Nous n’accepterons pas d’entendre que la baisse du trafic doit nécessairement impliquer une baisse des effectifs ou que des recherches aveugles de méta-données peuvent remplacer un agent qui vérifie manuellement des déclarations.

Le SNAD-CGT a déjà prouvé (ne serait-ce que lors du GT sur le SARC à la DG en 2018), que ces méthodes ne fonctionnaient pas et qu’un agent de constatation bien formé était plus efficace qu’un prestataire de services surpayé et au rendement si faible. Pour nous, la priorité est d’avoir des services de contrôle garnis, efficaces et dotées de capacités de contrôle d’initiative, car qui connaît mieux les opérateurs et les sociétés que ceux qui travaillent dans les services de terrain.

Nous avons eu droit à une explication sur l’accidentologie et les risques routiers. La bonne nouvelle, c’est que la direction semble vouloir imposer aux agents une doctrine de contrôle où la sécurité de tous prime. Nous encourageons la direction à travailler en ce sens. Pour ce faire, des véhicules de meilleure qualité ont été commandés et sont en cours de livraison, y compris en opérations commerciales.
Ces véhicules sont généralement des véhicules hybrides ou électriques. A priori, nous sommes satisfaits de l’entendre, puisque ces véhicules ont un bilan carbone plus faible que leurs équivalents plus polluants.

Toutefois, les véhicules électriques et hybrides ne sont pas pris en charge dans les STA. Donc, l’administration externalise la fonction d’entretien et de maintenance de nombreux véhicules. Sur ce point, nous signalons notre désaccord profond. Il faut former les agents des STA à l’entretien de ces véhicules. Encore une fois, plutôt que de former des agents, l’administration fait gagner de l’argent à des prestataires privés. C’est inadmissible.

Les autres points abordés ont été traités avec une célérité rarement observée. Le directeur n’arrivant pas à tenir les délais promis dans son ordre du jour, malgré nos avertissements.

Nous avons pu évoquer le bilan de l’observatoire du ministère pour l’année 2018. Récemment, en comité technique de réseau, devant la DG, la CGT avait expliqué que faire un bilan social ou un bilan ministériel n’avait d’intérêt que si l’on s’en servait ensuite. Au moins, la DI fait cet effort. Par contre, il faudra tenir compte de l’ensemble des demandes des agents. Le rythme permanent des réformes, l’angoisse de perdre sa mission ou le sens de sa mission et les attaques continues sur notre statut depuis des années inquiètent nos collègues.

La question a été abordée sensiblement de la même manière lors de l’étude du plan annuel de prévention. Les organisations syndicales ont toutefois signalé à la direction que le risque d’attentats n’était pas pris en considération de manière satisfaisante dans notre DI, pourtant la plus affectée par ce risque très particulier.

Nous avons enfin évoqué la question de la prise en charge totale du pass navigo. Ce sujet est porté par la DI auprès de la Région Ile de France. En attendant, le directeur a évoqué une piste de travail consistant à mettre à disposition des services itinérants des pass « génériques » pour le service. Dans l’absolu, cette piste nous semble acceptable, en attendant de pouvoir proposer mieux bien entendu.

Nous rappelons à nouveau que nous invitons l’ensemble de nos collègues douaniers à rejoindre le mouvement de mobilisation qui débutera le 5 décembre et que nous ferons tout pour faire plier ce gouvernement animé d’intentions mortifères.

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