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  • Posté le 16 avril 2019 / 145 visites

Pauvre Cowboy Solitaire

Le hasard du calendrier fait parfois bien les choses. Hier, 11 avril 2019, veille d’un Brexit qu’on ne finit plus de voir venir à force d’être encore et toujours reporté, notre Directeur Général a été confronté à un choix cornélien : se présenter devant la commission des finances du Sénat, face à un auditoire déjà conquis par son discours ou aller à la rencontre des agents des douanes en colère qui ont fait le siège de la rue des deux communes.

Partant du principe qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde, notre directeur n’a écouté que son courage et s’est précipité devant le Sénat pour y tenir un discours son discours habituel sur l’état de la douane.
http://videos.senat.fr/video.1123215_5cad1c006d5b5.audition-de-m-rodolphe-gintz-directeur-general-des-douanes-et-des-droits-indirects
Au cours d’un dialogue assez convenu, notre directeur s’en donne à cœur joie, prenant même la liberté, en lettré fin qu’il est, de nous raconter son tome de Lucky Luke préféré, de disserter sur le degré de préparation – tout relatif à nos yeux – de notre administration concernant le Brexit et d’évoquer sans complexe le rôle de la douane en tant que facilitateur de la vie des entreprises.

A la fin, toutefois, un sénateur, taquin, lui demanda ce qu’il en était de la mobilisation des douaniers. La réponse mit du temps à venir, mais elle arriva. Et le directeur cita tour à tour la mobilisation qui faiblissait, à la gare du nord par exemple, ou les blocages qui n’étaient pas si importants.
Et pourtant, pendant ce temps, les douaniers étaient mobilisés et enfonçaient les portes de son château, pour y découvrir que celui qu’ils cherchaient n’était pas là. Les agents des douanes demandaient seulement des réponses et se sont retrouvés face à une porte close et quelques cadres supérieurs mal à l’aise face à des personnes en colère. Ces cadres supérieurs incapables d’écouter les revendications des agents ont préféré faire la sourde oreille et déplorer la casse d’un portique en verre ou regarder leurs chaussures pendant que les agents occupaient les lieux.
Et nous imaginons déjà le courage dont ils devront faire preuve, pour se rendre, tous penauds, devant le DG et lui expliquer que son absence d’hier a été remarquée et extrêmement mal perçue par des collègues qui espéraient de simples réponses à leurs attentes.
Car il faut être bien aveugle pour ne pas se rendre compte que 400 agents venus crier leur mécontentement ne pouvaient se contenter d’un discours rédigé à la va-vite et récité sans conviction par un sous-fifre mal à l’aise pouvait suffire à calmer la colère. Il faut être bien lâche pour laisser son adjoint affronter ce mécontentement pendant qu’on profite d’un moment de détente dans les couloirs feutrés du Sénat.

A la CGT, nous pensons tout simplement que le directeur a exprimé clairement son mépris des douaniers et nous ne comprenons pas qu’il ne devienne pas un peu plus humain à notre contact, ne serait-ce que par osmose. Pour lui, une heure et demie avec le Sénat valent mille fois du temps perdu avec ce petit peuple. Le message est clair, aux yeux du directeur, nous ne sommes rien et ne méritons rien. A nous de lui montrer ce qu’est un rapport de force et à le forcer à céder à nos revendications.


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