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  • Posté le 10 janvier 2019 / 246 visites

Lettre au DG - Incendie du camion SMS

Objet : incendie du SMS sur le site de la BSEC du Havre dans la nuit du 6 au 7 janvier

Monsieur le Directeur Général,

Nous avons été informés de l’incendie survenu dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 janvier sur le Scanner Mobile Spécial (SMS) implanté sur le site de la Brigade Surveillance Extérieure Conteneurs (BSEC) au Havre. Cet incendie rend inopérant de manière définitive ce moyen de contrôle non intrusif.

Nous tenons à vous rappeler que la CGT défend depuis 2013 et l’annonce de la fermeture du SYCOSCAN la nécessité de mettre en place des solutions pérennes en matière de contrôles non intrusifs, tant en matière de lutte contre la fraude que de sûreté. Cette nécessité a été portée également auprès du Ministre, de certains députés que nous n’avons pas manqué d’alerter lundi, et d’une euro-députée sensible à la situation havraise depuis 2014.

Ce regrettable épisode vient conforter l’analyse que nous avions faite de la situation à ce moment-là et les solutions que nous avions avancées. Nous étions et nous restons partisans d’une réinstallation d’un outil fixe et performant tel le SYCOSCAN. L’expression unitaire des organisations syndicales n’avait malheureusement pas pu convaincre la direction générale de l’époque, engluée dans une vision à court-terme de réduction drastique des effectifs et des moyens matériels.

Cette vision a certainement coûté trop cher par rapport à son efficacité ; c’est pourquoi la CGT réclame le montant total des dépenses liées à la mise en place du scanner mobile : formations, perte du camion, permis poids lourds, sécurisation du bâtiment, travaux « anti-radiations », création d’une voie à l’arrière du bâtiment. Nous imaginons sans peine que la remise en état du Sycoscan il y a 5 ans aurait été bien moins onéreuse et bien plus efficace ! La chaîne hiérarchique de l’époque n’ayant même pas daigné lancer un appel d’offre pour la restauration de l’outil Sycoscan.

La situation nous semble suffisamment préoccupante pour nécessiter une réponse sans délai de votre part sur les solutions envisagées pour pallier à la mise hors service de cet outil indispensable dans la configuration havraise. C’est pourquoi la CGT a demandé dès le 7 au matin l’organisation d’un CHSCT spécial ; hélas le Président du CHSCT nous a rétorqué qu’il n’avait pas l’autorisation de la DG pour convoquer un CHSCT avant le mois de mars !

Étonnant, puisque dans le cadre des renforts dits « Brexit » vous serez amené à tenir ces CHSCT urgemment. Et renseignement pris par la fédération des finances CGT auprès de Bercy, il semblerait pourtant que rien ne s’y oppose…

Au-delà de l’urgence, nous vous rappelons que nous demandons toujours la tenue d’un groupe de travail sur les contrôles non intrusifs. Au regard de cette triste actualité, cette demande s’avère dorénavant impérative.

Autre point non moins important de ce courrier, nous sommes également inquiets de la situation des personnels affectés à l’utilisation de ce SMS fixe havrais.
Quelles solutions temporaires vont être proposées, eu égard à l’indisponibilité de leur outil de travail ?

Nous n’évoquons ici que des solutions temporaires, car, au risque de nous répéter, nous ne pouvons pas envisager que la plate-forme portuaire havraise soit dépourvue très longtemps d’un moyen de contrôle non intrusif. L’administration locale a décidé de faire travailler les agents en mode dégradé, à savoir ouverture obligatoire des circuits rouges et noirs avec dépotage obligatoire pour les circuits noirs. Ce mode dégradé ne saurait perdurer jusqu’à l’arrivée du nouvel outil prévue fin 2019-début 2020. La décision de l’administration de demander à la DSO le prêt d’un scanner-mobile peut être une solution transitoire, mais il faut une réponse rapide à cette problématique.

De plus, vous n’êtes pas sans ignorer que des douaniers américains travaillent au Havre et qu’ils exigent le passage de conteneurs au Sycoscan pour les contrôles de sûreté. Envisageriez-vous de mettre fin aux obligations du « 100 % scanning » qui s’imposent à la DGDDI ?

Nous avons également appris que les agents ont eu accès dès lundi aux locaux de leur brigade, à proximité du lieu du sinistre, alors même que les pompiers avaient défini un périmètre de sécurité englobant ces locaux en raison de risque de radiations. Dès la fin de l’incendie, ce périmètre a été supprimé car, a priori, il n’y avait plus de risque. Nous aimerions des informations complémentaires concernant cette procédure et puisque l’ASN a été informée, nous souhaitons être destinataires du rapport qu’elle va rendre.

Enfin, dernier point, le SNAD CGT s’interroge sur les circonstances exactes de cet incendie, intervenu 48 heures après l’arrêt du SMS. Les avis semblent diverger sur cette question, entre l’administration qui s’est empressée localement, avec sans doute un peu trop de précipitation, d’évoquer une cause accidentelle et les pompiers qui n’ont pas accrédité cette hypothèse. Nous demandons qu’une enquête ou une expertise puisse être menée, afin de déterminer précisément l’origine de cet incendie. La vidéo-surveillance et l’enregistrement des séquences, ont-ils amenés une valeur ajoutée aux prémices de l’enquête ? Nous avons pu noter avec satisfaction que l’administration avait porté plainte afin que toute la lumière soit faite sur la destruction d’un de nos outils de travail.

Malgré tout, nous nous interrogeons sur la gestion du dossier Sycoscan. Si l’origine de l’incendie est criminelle, il y a un énorme manquement concernant la sécurisation du site :

  • Pas de caméra qui contrôle l’ensemble du site, au seul motif que cela aurait été trop coûteux. Les policiers dépêchés sur place au moment de l’incendie ont été très étonnés par ce laxisme administratif !
  • Camion exposé à la vue de tous, alors qu’il aurait dû être situé dans un hangar (comme l’ancien outil Sycoscan).

De plus, si la piste criminelle est confirmée, il faudra envisager de protéger les douaniers du Havre car nous nous permettons de vous rappeler qu’une brigade est située à la Cité des Douanes du Havre et qu’il n’est pas question qu’après le matériel, des individus malveillants s’attaquent aux personnels.

A plusieurs reprises, les élus CGT du Havre ont fait savoir qu’il existait des risques au Bureau Central des Douanes (alors que seuls 2 collègues travaillent la nuit) quand de grosses saisies sont stockées sans surveillance. Nous attendons toujours des réponses et des décisions de la part de l’administration locale pour protéger le personnel.

Si la piste n’est pas criminelle, cela signifie que les camions scanner sont potentiellement dangereux pour les collègues qui les utilisent encore. Quelles mesures d’entretien préalable, d’études prendrez-vous à ce sujet ?

Dans l’attente de vos réponses, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Directeur Général, l’expression de nos salutations respectueuses.

Le secrétaire national

Stéphane Avit

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