

Pour la deuxième fois en six mois, la secrétaire générale de la CGT est mise en examen. Cette fois,
cela fait suite à une plainte en diƯamation de l’entreprise Tefal contre les propos de Sophie Binet
tenus lors d’un débat à la Fête de l’Humanité en septembre 2025 : « la CGT de Tefal fait face à une
répression patronale violente". Nous avons été informés de la plainte de Tefal le 12 mars puis
notifiés de la mise en examen ce vendredi 22 mai, raison pour laquelle nous rendons publiques
les poursuites ce lundi 25 mai.
Ces propos sont totalement étayés par les faits. En eƯet, Ouria Belaziz, coordinatrice CGT du
groupe SEB (détenant la marque TEFAL) et membre de la direction confédérale de la CGT a été
sanctionnée par son entreprise et sera aux Prudhommes le 4 juin prochain pour contester cette
sanction inique. Un ancien militant CGT et salarié de Tefal, est lui aussi poursuivi pour diƯamation
et injure suite à son témoignage dans l’émission Debadoc, le 29 mai 2025 sur LCP.
Sont poursuivis également, Camille Etienne, pour ses propos sur les PFAS tenus dans la même
table ronde, et le journal l’Humanité à qui il est reproché d’avoir publié le compte-rendu de cette
table ronde.
Par cette plainte, le groupe Seb (et sa société Tefal) ne fait que confirmer sa pratique décomplexée
de la répression antisyndicale pour tenter de faire taire toutes celles et ceux qui osent critiquer
les choix de la direction et alerter sur la dangerosité des PFAS, un composant chimique utilisé
notamment par Tefal pour ses poêles. La CGT se bat depuis des années à Tefal pour demander la
transparence sur l’exposition des salarié.e.s aux PFAS, et la gestion par la direction de ces rejets
dans l’environnement. La CGT a fait des propositions alternatives de procédés de fabrication de
poêles (inox, céramique...) pour anticiper une interdiction inévitable des PFAS tout en sécurisant
l’emploi et les sites industriels. Au lieu d’anticiper, la direction s’enferme dans le déni et la
répression de toutes les voix qui interrogent sur l’impact environnemental de ses procédés de
fabrication.
Cette bataille contre les PFAS va bien au-delà de Tefal car ils sont massivement utilisés dans
l’industrie et notamment dans la chimie, elle est donc menée de longue date par les organisations
CGT les plus concernées et notamment la région AURA, l’UD de Savoie, les fédérations de la
chimie et de la métallurgie.
Les propos pour lesquels la secrétaire générale de la CGT est poursuivie sont anodins. Sur cette
base, la quasi-totalité des syndicalistes du pays pourrait être trainés en justice. La mise en
examen est automatique en droit de la presse dans le cadre des procédures en diffamation, ce
qui pose un problème d’ensemble pour les libertés syndicales. La 1ère mise en examen suite à la
plainte d’Ethic sur « les rats qui le navire » est toujours en cours d’instruction.
Nous aurons communication dans les prochaines semaines du calendrier judiciaire et de la date du procès.
Cette mise en examen n’est malheureusement pas un fait isolé : plus de 1000 militant.e.s CGT
font l’objet de poursuites judiciaires ou patronales dans le cadre de leur mandat syndical. En
cause : l’indépendance syndicale, le fait que des syndicalistes osent questionner les choix des
directions d’entreprise qui ne supportent pas qu’on les mette devant leurs responsabilités.
Cette nouvelle attaque confirme la pertinence du plan de bataille contre la répression
antisyndicale adopté lors du dernier CCN qui figure parmi les orientations de congrès. Cette
nouvelle plainte est l’occasion de relancer notre exigence d’une loi pour protéger les libertés
syndicales en commençant par interdire les procédures baillons contre les syndicalistes. Un
texte type sera mis à disposition pour interpeller patronat et gouvernement si possible de façon
unitaire.
Ci dessous le communiqué de presse
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