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  • Posté le 1er juin 2005 / 520 visites

Augmenter les salaires : Un vrai débat, un juste combat !

Le 10 juin prochain une réunion tripartite Gouvernement/patronat/syndicats devrait se tenir sur la question des salaires dans le secteur privé.

Au niveau Fonction Publique, le Ministre s’était engagé à reprendre les discussions sur l’évolution des rémunérations des fonctionnaires avant le 8 juin.

La question des salaires dans le public comme dans le privé est donc bel et bien à l’ordre du jour.

La revalorisation du S.M.I.C de 5% au 1er juillet et l’augmentation de 1,8% du traitement des fonctionnaires cette année ne changent rien à cette réalité : le pouvoir d’achat global des salariés est en régression depuis plusieurs années !

Pour s’en convaincre, si nécessaire, le rappel de quelques chiffres n’est pas inutile.

Depuis le milieu des années 80, le partage de la valeur ajoutée (richesses créées dans le pays) s’est modifié en faveur des profits au détriment des salariés. La part des salaires a ainsi chuté de huit points tandis que les profits ne cessaient d’augmenter.

En 2004, les actionnaires des 40 plus grandes sociétés cotées en bourse ont empoché 37 Milliards d’euros ce qui équivaut à une hausse de salaire de 150€ par mois, pendant un an, pour 20 Millions de salariés.

Si l’on en croit le rapport des comptes de la nation, la productivité du travail a augmenté de plus de 3% par an entre 1995 et 2002 alors que la courbe des salaires n’a pas collé à cette évolution.

Il nous faut également constater l’existence d’un nombre anormalement élevé de salariés payés seulement au S.M.I.C. Il y a aujourd’hui 15% de personnes dans cette situation contre un peu plus de 8% en 1994. Il est vrai que pour le patronat, le taux effectif de cotisations sociales au niveau du S.M.I.C est passé de 30% du salaire de référence à 4,2% entre 1993 et 2004 ! Et au total combien d’autres se situent juste un peu au-dessus sans que ni les uns ni les autres n’aient de véritables perspectives de carrières ?

Cette pression patronale pour contenir et faire baisser les salaires réels est relayée par les gouvernements pour ce qui concerne les fonctionnaires. Tous les ministres de la fonction publique tiennent ce même discours : le déroulement de carrière des agents doit être pris en compte lors des négociations portant sur la valeur du point d’indice. Ce faisant, ils condamnent l’immense majorité des fonctionnaires au maintien ou à une légère progression de leur pouvoir d’achat seulement une année sur deux ou trois au regard de leur changement d’échelon.

Nous connaissons les raisons fondamentales qui pèsent sur la rémunération directe du travail : un taux de chômage extrêmement important depuis plus de deux décennies, le développement du travail précaire et le temps partiel imposé.

Dans le même temps la hausse des prélèvements sociaux, l’alourdissement de la fiscalité indirecte, le renchérissement des dépenses de santé, etc ont encore aggravé la situation des salariés en activité, privés d’emploi ou en retraite.

Le libéralisme c’est aussi la volonté affichée de réduire la dépense publique avec les conséquences que nous connaissons sur le périmètre de nos missions et une agression constante contre les systèmes de protection sociale.

Pour la CGT, il y a urgence !

L’augmentation des salaires et des traitements, des retraites et des revenus sociaux doit non seulement permettre d’activer la consommation des ménages, ouvrir des perspectives d’investissements qui pourraient être source de créations d’emplois mais aussi de répondre à des situations de détresse absolue quand on sait que le ministre du travail lui-même reconnaît que :
- En 10 ans, le nombre de Rmistes est passé de 420 000 à 1 100 000 personnes
- Le nombre de ménages surendettés s’accroît de 165 000 chaque année et que la pauvreté « progresse » chez les salariés en activité.

Il faut mener et gagner la bataille des salaires car c’est aussi ainsi que nous gagnerons la bataille de l’emploi.

Montreuil, le 1er juin 2005

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