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  • Posté le 5 décembre 2007 / 372 visites

PROTECTION SOCIALE : UN ENJEU DE SOCIETE - Déclaration de la CGT Organismes sociaux

Logement, alimentation, produits pétroliers : leurs prix flambent depuis plusieurs années alors que le SMIC se rapproche de plus en plus du seuil de pauvreté.

Dans son annonce qui se promettait « révolutionnaire », le Président Sarkozy, après avoir ouvert la chasse aux chômeurs et refusé de donner un coup de pouce au SMIC en juillet, n’offre comme seule perspective aux salariés que l’abolition rampante des 35 heures, le droit d’être licencié par « consentement mutuel », l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite, les franchises médicales, etc…

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale présenté fin septembre amendé au fil des débats parlementaires sans que les assurés sociaux n’aient eu leur mot à dire. Or, de nouvelles dispositions inefficaces économiquement et socialement sont imposées dans la plus grande discrétion.

Alors que les cinq confédérations syndicales se sont adressées au premier ministre pour dénoncer l’institution des franchises médicales sans obtenir de réponse, les parlementaires ont poursuivi leur besogne. Ainsi ils ont introduit une disposition visant à supprimer les indemnités journalières d’un assuré lorsque le médecin de l’employeur aura jugé l’arrêt maladie abusif.

La sécurité sociale amputée de plusieurs milliers de postes se voit imposé des fusions de caisses, des mutualisations d’activités qui ont pour conséquences la dégradation du service public et des conditions de travail et l’éloignement des assurés sociaux des centres de décisions.

La suppression massive d’emplois dans les CAF au moment où la législation se complexifie conduit à des retards importants de traitement des dossiers, des fermetures d’accueil, etc…

En opposant les salariés bénéficiant des régimes spéciaux aux autres salariés, le gouvernement a pour objectif final l’allongement de la durée de cotisations pour tous et la baisse du niveau des pensions.

Le projet de loi de fusion ANPE/ASSEDIC s’inscrit dans la logique des lignes directrices pour l’emploi de l’Union Européenne : démantèlement de la protection sociale, mise en oeuvre de la flex sécurité, baisse du coût du travail, main mise du secteur marchand sur le placement des demandeurs d’emploi et l’indemnisation des demandeurs d’emploi, réduction du niveau d’indemnisation et renforcement des mesures coercitives contre les chômeurs, manipulation des statistiques du chômage, confiscation par l’état des cotisations des salariés, abandon du paritarisme à l’échelon local, inégalités de traitement territoriales, désertification des zones rurales.

La Fédération dénonce la casse organisée de notre protection sociale solidaire.

Il s’agit d’un glissement vers un système d’état à minima au bénéfice de dispositifs individuels tant attendus par les marchés financiers.

Il s’agit d’une véritable spoliation d’une part de notre rémunération que nous avons choisi de socialiser pour construire notre protection sociale au lendemain de la guerre. Ainsi le patronat fait coup double, il est désengagé de ses responsabilités en matière de sécurité sociale, de politique de l’emploi et dans le même temps récupère la part de nos cotisations qu’ils disent patronales.

Les moyens existent pour augmenter le pouvoir d’achat et financer une protection sociale de haut niveau.

Le CAC 40 ne cesse d’augmenter avec un score d’un milliard d’euros en 2006 (6 milliards 550000 francs). Les dividendes versés aux actionnaires entre 1978 et 2003 ont été multipliés par seize alors que les salaires l’ont été par quatre.

Le principal moteur de la croissance est la consommation. L’augmentation des salaires entraîne une relance de la consommation qui conduit les entreprises à embaucher pour produire plus.

Ainsi l’augmentation des salaires génère plus de cotisations pour notre protection sociale.

Il s’agit d’un choix de société fondamental auquel nous avons à faire face aujourd’hui et dont nous aurons à répondre aux générations futures.

La Fédération CGT des personnels des organismes sociaux appelle l’ensemble des salariés, les organisations syndicales et les associations à combattre ce recul de société et à construire ensemble les réponses adaptées aux besoins de la population.

CGT OS

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