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  • Posté le 1er avril 2008 / 939 visites

3 avril : l’encadrement et la catégorie A au coeur de la tourmente

Entre le marteau et l’enclume

Alors que les vagues successives de « réformes » destructrices sapent peu à peu les bases de notre administration, les agents d’encadrement sont à la fois chargés de les mettre en oeuvre et aux premières loges pour en apprécier les conséquences destructrices sur le service public et les agents.

Pour la CGT, le débat doit dans un premier temps porter sur la définition et le positionnement de l’encadrement. Cela amène la CGT à revendiquer des cadres fonctionnaires au sens plein du terme, et non des managers payés suivant le mode de la culture de performance en fonction du résultat d’indicateurs inadaptés.

Cela est d’autant plus important que cela concerne autant l’avenir du service public que l’influence qui en découle sur les conditions de vie au travail de l’encadrement et par ricochet sur celles de tous les agents.
Pour la CGT, il est donc fondamental que soient précisés les droits de l’encadrement, comme pour tous les fonctionnaires tant en matière de liberté d’opinion et d’expression : il ne doit pas y avoir d’interprétation abusive du principe hiérarchique d’obéissance prévue à l’article 28 du statut.

Car le constat que la CGT fait aujourd’hui est celui d’une dégradation des relations hiérarchiques à l’intérieur même de l’encadrement. Dans les faits, certains cadres-dirigeants mettent en oeuvre une conception archaïque développée dans les années 50 par Michel Debré qui donnait comme définition du fonctionnaire : « un homme de silence, qui sert, travaille et se tait » et ce n’est pas avec des séminaires ou l’utilisation de nouvelles technologies que l’on peut rendre moderne des conceptions réactionnaires. La DG et le Ministère parlent d’implication des cadres dans la réforme. Mais de quelle implication s’agit-il ? De celle qui consiste à faire de l’encadrement des machines à relayer les discours politiques, le doigt sur la couture du pantalon ?

Pour la CGT, il est nécessaire que les cadres puissent aborder l’ensemble des missions dont ils ont la responsabilité et qu’ils disposent d’une réelle marge de discussions et d’appréciations sur les tâches qui leur sont confiées, même si cela doit heurter dans certains cas la politique des indicateurs. Ils doivent pouvoir l’exprimer librement par un dialogue professionnel rénové. En un mot, pour la CGT l’encadrement n’est pas un simple exécutant des réformes !

La souffrance au travail de ces agents est encore renforcée par leur isolement, à la charnière entre la chaîne hiérarchique et le terrain. Cela peut conduire à des situations dramatiques.

La place des agents dans l’organisation

Du fait des mesures de « repyramidage », les agents de catégorie A (et surtout « A+ ») sont de plus en plus nombreux alors que le nombre de douaniers ne cesse de diminuer. La « pyramide » de l’emploi par catégories ressemble de plus en plus à une tour. C’est d’autant plus vrai en AG/CO que la SU est moins concernée par cette évolution. Il est désormais quasiment impossible de dérouler une carrière en surveillance (hors SNDJ) en catégorie A.

L’évolution du pyramidage améliore les perspectives de déroulement de carrière et permet de mieux valoriser certains emplois mais les problèmes naissent de ce qu’elle a été subie par la Direction générale et non pas pensée en amont.

Le phénomène de « banalisation » s’est propagé : de très nombreux emplois sont exercés par des agents du grade de contrôleur de 2ème classe jusqu’à inspecteur régional « expert ».

La DGDDI doit revoir entièrement la doctrine d’emploi de chaque catégorie ou grade : les mesures de repyramidage doivent répondre à des logiques de missions et pas simplement à des revendications catégorielles.

Carrière

La réforme du deuxième niveau de la catégorie A est insatisfaisante, ce que la CGT avait pointé du doigt dès les premières discussions sur le sujet.

Cette réforme, alors présentée comme « ambitieuse » par l’administration, a fait naître de faux espoirs chez les agents car la Direction générale n’a pas les moyens nécessaires à l’amélioration des déroulements de carrière en matière de requalification et de volume d’emploi.

L’accès au grade d’IR3 est encore trop sélectif alors que la banalisation des fonctions s’est accélérée, provoquant d’importantes frustrations. Dans ce cadre, la sous considération de la filière « expertise » s’est vérifiée, comme nous le craignions à l’époque.

Nous défendons donc une autre conception de la carrière en catégorie A permettant aux agents qui ne choisissent pas la sélection professionnelle d’Inspecteur principal d’atteindre sans tableau d’avancement les niveaux actuellement réservés à un trop petit nombre d’Inspecteurs régionaux.

Dernière minute : « alors qu’il était impossible d’accueillir des salariés de droit privé sur des emplois de direction, un cadre du secteur privé pourra postuler avec d’autres fonctionnaires. C’est le principe d’ouverture. » (www.premier-ministre.gouv.fr, présentation du projet de loi « relatif à la mobilité et aux parcours professionnels dans la Fonction publique »). Lors du passage de ce texte devant le Conseil supérieur de la Fonction publique de l’Etat, la CGT, FO, la FSU, l’UNSA, la CFTC et SOLIDAIRES ont voté contre ; la CGC s’est abstenue.

Un engagement syndical pour reprendre la parole

Tous les douaniers qui pensent que notre administration doit être un service public républicain et efficace au service des finances publiques, des populations et de l’économie ont leur place au SNAD CGT quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent.

Encadrement et catégorie A - 31 mars 2008

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