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  • Posté le 17 octobre 2016 / 110 visites

Déclaration liminaire - CTR - 17 octobre 2016

Voici la déclaration intersyndicale qui a été lue ce matin à l’ouverture du Comité Technique de Réseau...

Mesdames, messieurs,

Nos liminaires sont souvent prétextes à l’utilisation de l’ironie et du sarcasme. Non pas que cela ait pour but de susciter l’hilarité de nos adhérents, ou la vôtre même. Non. Pas plus que cela n’a de vertus cathartiques pour les représentants du personnel qui les rédigent, nous sommes bien trop impliqués dans le désastre annoncé pour tirer une quelconque jouissance d’un trait d’esprit. Le but de ce jeu stylistique est avant tout d’essayer une autre méthode de communication, car nous savons depuis plusieurs années qu’un mode de communication classique ne fonctionne pas. Nous avons donc choisi un mode de communication parfois fondé sur le sarcasme, l’ironie, le jeu de mot pour essayer de toucher les cordes de la raison qu’un discours simple et pragmatique n’a jamais fait vibrer jusqu’à maintenant.

Aujourd’hui nous n’avons pas envie de rire, ni avec vous, ni de vous. Aujourd’hui nous n’avons pas envie de rire du tout. Depuis des mois, nous vous mettons en garde contre la souffrance que ressentent nos collègues face aux réformes. Ils sont touchés dans leur vie professionnelle par la perte de sens qu’ils expérimentent au quotidien et par l’absence d’une communication saine et fiable qui pourrait leur donner un horizon à moyen terme. Ils sont touchés dans leur vie privée par les fermetures de bureaux, les délocalisations, l’éloignement familial, l’impossibilité de laisser à la porte leurs problèmes professionnels... Ils sont touchés dans leur intégrité physique et psychologique par la fatigue, le stress, les méthodes de management délétères... Nous vous mettons en garde depuis des mois, des années sur les conséquences humaines de vos actes.

Des situations de tension se multiplient partout sur le territoire. La désintégration du réseau OPCO et AG crée des menaces extrêmement fortes sur les collègues, qui vont devoir choisir entre parcourir des centaines de kilomètres ou quitter leur emploi en douane. Par ailleurs, l’administration pousse cette tension au maximum en incitant les collègues à acter au plus vite leur restructuration pour bénéficier des quelques miettes de postes qui vont encore perdurer. Cette concurrence entre agents organisée par l’administration elle-même est inacceptable. Elle crée un cadre de travail malsain et dangereux. Nous ne pouvons que constater avec colère que ce point crucial pour la vie de nombreux d’agents ne figure même pas à l’ordre du jour de ce CTR.

Au cours du mois de septembre, deux de nos collègues ont mis fin à leurs jours sur leur lieu de travail avec leur arme de service. Deux drames qui endeuillent toute la communauté douanière. Nous savons par expérience qu’une vie ne se résume pas au travail, et que ce qui conduit à ce type de geste est bien souvent complexe et transversal. Mais à l’inverse, l’administration doit arrêter de nier que le contexte de travail y est totalement étranger. Nous avons entendu cette rengaine trop de fois, celle qui sous entend qu’il n’y a aucun mal-être au travail en douane, que tout va pour le mieux. Il n’y a ici aucune volonté de récupérer des événements tragiques, ni d’incriminer telle ou telle personne. Ce que nous espérons est plus profond, c’est une prise de conscience, la prise en compte de l’humain dans vos réformes, dans vos pratiques managériales. Nous désirons que nos collègues ne soient plus les dommages collatéraux de coupes budgétaires ou de soi-disant modernisation à marche forcée.

C’est pour cette raison que nous resterons siéger aujourd’hui, pour nous assurer que, sur tous les sujets que nous allons aborder aujourd’hui, vous prendrez en compte l’impact sur nos collègues.

Cette prise en compte ne pourra se faire que si vous acceptez un dialogue responsable, sur la base de documents objectifs et complets, C’est notre espoir aujourd’hui, sans ironie, même si nous savons qu’il nous faudra ouvrir l’œil. Ce n’est pas un procès d’intention, juste un constat, celui que l’administration a trop longtemps préféré taire les problèmes, plutôt que de les assumer. Pourtant des textes existent au niveau ministériel sur la prévention des risques professionnels, l’accompagnement et l’étude des projets importants impactant les agents, et l’expertise des CHSCT dans l’étude des impacts causés par le travail, les réformes et les missions pouvant mettre en danger les agents. Un exemple parmi d’autres pour montrer que nous ne parlons pas en l’air. Page 75 du bilan social que vous nous avez cordialement envoyé, vous dressez la liste des DI afin de démontrer que le dialogue social suit son cours. Un seul oubli, la DI de Roissy, qui est aussi la seule à n’avoir fait qu’un seul CT sur l’année 2015, contrairement aux obligations légales, et qui refuse de convoquer des CT à la demande des représentants du personnel. Le fait que l’oubli tombe sur cette direction est un heureux hasard pour vous. Mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Pourtant et il faut bien le dire vos responsabilités juridiques seront mise en avant en cas de détériorations flagrantes et pathogènes du collectif de travail.

Nous profitons de ce comité technique pour évoquer, en espérant que ce soit la dernière fois, la carte CYBELLE. Le dernier mail de C3, diffusé à toute la douane, nous laisse espérer que les commandes de cette carte sont parties. Nous aurions pu éviter une belle perte d’énergie si la Direction Générale nous avait suivis sur 2 points :
– L’impossibilité de contraindre les agents dans une relation contractuelle avec une entreprise privée
– L’obligation de l’employeur de fournir à ses agents les outils nécessaires à l’accomplissement de leurs missions.

Les courriers de menace individuelle de certains DI sont, nous l’espérons, des initiatives malheureuses et nous espérons que vous vous empresserez de nous rassurer à ce qu’aucune sanction ne soit prononcée à l’encontre des collègues. En espérant que ce sujet soit enfin clos, n’ayant que trop durer.

Enfin, concernant la grève des agents du CSRH, le secrétariat général de Bercy nous a contacté vendredi après-midi pour nous faire part de propos qui, à défaut d’être surprenants, nous choquent profondément. Le Ministère nous assure aujourd’hui que vous ne souhaitez pas porter les revendications des agents du CSRH au niveau ministériel au prétexte "que les taux de grève ne sont pas suffisamment élevés"... Un tel argument, jamais entendu ici, est une véritable provocation. Votre fonction vous oblige à chercher des solutions, pas à mettre de l’huile sur le feu. Cette information a fait l’effet d’une bombe à Bordeaux, vous vous en doutez. Alors la question sera simple et n’attendra pas le groupe de travail de mercredi prochain, car nous souhaitons avoir une réponse au procès verbal de cette séance : avez vous l’intention, oui ou non, de plaider le dossier des agents du CSRH devant le Ministère ?

Vous l’aurez compris, nous sommes présents mais vigilants, et nous attendons un certain nombre de réponses et d’engagements de votre part. Les comités techniques méritent mieux que ce que nous vivons depuis plus de trois ans, pour nos collègues et pour l’avenir de la maison douane.

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