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  • Posté le 18 avril 2017 / 171 visites

CSRH, une centralisation aux forceps !

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de la rencontre avec la (très chère) société d’audit EUROGROUP qui a eu lieu à Bordeaux le 11/04/2017.
Même si les auditeurs vont tenir compte des conditions de travail des agents pendant leur démarche d’audit de la sphère RH, celles-ci ne sont pas au coeur de leurs préoccupations. Leur mission première n’est pas de trouver des solutions aux troubles psycho-sociaux maintes fois exprimés sur le registre santé et sécurité au travail et constatés par le médecin de prévention, mais bien d’assurer la faisabilité d’un projet de centralisation qui s’inscrit dans le cadre du PSD.

Rappel du contexte :

La DG a mandaté la société Eurogroup afin de procéder à un audit externe sur toute la sphère RH (dans le but non avoué de simplifier, dématérialiser, dégraisser mais chut ! c’est une surprise…).

Les auditeurs nous ont présenté la société (35 ans d’existence) en insistant sur son indépendance financière et son expérience en terme d’audit des fonctions support et RH des ministères et des collectivités locales.
Nous ne contestons pas cette indépendance mais nous constatons que la société est liée au donneur d’ordre, la Direction Générale, par un cahier des charges qui ne nous a toujours pas été communiqué malgré nos nombreuses demandes.

Cette société est venue les 22 et 23 mars dernier au CSRH et à la DI de Bordeaux afin de rencontrer les agents du BOP GRH (FRHL), du CSRH et la hiérarchie bordelaise . Les auditeurs souhaitaient discuter avec les OS mais la date était peu pertinente.
Bref, nous avons eu la rencontre tant attendue avec en prime le document ci-joint.
Premières interrogations (et premières inquiétudes…) : quid de l’outil informatique ?

Quid de l’organisation interne du CSRH ? Quid de la charge de travail et donc des effectifs ? Quid dela reconnaissance de la technicité (et donc de l’indemnitaire…) ?…

Le document communiqué ne parle que d’une chose : transférer la « totalité de la gestion administrative » vers les agents du CSRH en « fluidifiant les liens », en « optimisant la GA paie » et « accompagner le changement » !!!
Nous leur avons aussi demandé les documents fournis par l’administration pour établir leur diagnostic ainsi que le planning des opérations . Ils se sont engagés à le faire mais il y a encore des doutes sur la transparence des informations qui seront données.

Ce qu’on peut retenir de ces échanges :

La DG leur a demandé un diagnostic de la chaîne GA Paie (comme indiqué dans le titre du document…) soi-disant sans imposer de schéma cible. Elle leur a fourni certains renseignements (une cartographie des processus datant de 2015, comptes rendus des CT et CHSCT, du chantier « Ambition DG » pour la partie RH ainsi que des séminaires RH) et une version de l’histoire avec les difficultés persistantes à régler afin d’accompagner ces « changements ».

Leur audit doit se dérouler en deux phases : un diagnostic (mars avril 2017) et des recommandations (copie rendue pour fin mai 2017).
Les représentants d’Eurogroup nous ont expliqué avoir auditionné différents acteurs de la chaîne RH : bureaux de la DG, des FRHL (DI), CSRH, chef de services, agents.
Toutefois, ils n’ont pas rencontré de FRHL où une expérimentation sur la GTA est en cours ou bien celle à population « spécialistes » (SNC, DRGC…).

Ils n’ont pas encore établi de conclusions à ce stade.

Ils ont écouté nos remarques sur :

  • – le sous- dimensionnement en terme d’effectifs et donc notre demande en abondement ;
  • – le grand absent de la feuille de route : Sirhius, logiciel interministériel qui ne sera pas remplacé même si leurs préconisations le suggéraient ;
  • - la prise en compte des formations réalisées en interne et l’abondement en effectifs qui doit en résulter,
  • – les interventions manuelles nombreuses des gestionnaires qui nécessitent des effectifs en conséquence ;
  • – le maintien de FRHL en effectifs suffisant car niveau décisionnaire (DI) ;
  • – une reconnaissance de la technicité. Ils ont reconnu pour avoir oeuvré dans d’autres ministères que l’indemnitaire Douanes était le plus complexe qu’ils aient rencontré…
  • – un manque d’informations, de communication même en interne au sein du CSRH ;
  • – prise en compte des contraintes d’organisation de la trésorerie générale ;
  • – le mal être des agents ;
  • – la perte de contacts avec les collègues si l’échelon interrégional était réduit, incompatible avec une gestion de Ressources Humaines ;
  • – le terme "changement" un peu trop présent et qui ne dit pas vraiment ce qu’il sera.

Nous leur avons rappelé que le CHSCT 33, en parallèle, a voté une délibération demandant une expertise externe agrée , expertise refusée par le DI au motif qu’elle serait redondante avec l’audit.
Or, nous nous sommes rendus compte au fil de l’entretien avec les auditeurs que leur démarche n’a pas grand-chose à voir avec une expertise agréee au-delà du fait qu’elle n’est pas réalisée par un intervenant agréé par le Ministère du Travail.

Même si les auditeurs vont tenir compte des conditions de travail des agents pendant leur démarche celles-ci ne sont pas au coeur de leurs préoccupations, leur mission première n’est pas de trouver des solutions aux troubles psycho-sociaux maintes fois exprimés sur le registre santé et sécurité au travail et constatés par le médecin de prévention mais bien d’assurer la faisabilité d’un projet de centralisation qui s’inscrit dans le cadre du PSD.

Nous avons rappelé les obligations de l’employeur (conditions de travail, emplois de contractuels) et demandé si leurs préconisations se feraient dans ce cadre aussi. Ils nous ont répondu ne pas avoir de mandat juridique sur le sujet.
Il n’empêche que leurs conclusions auront forcément des répercussions sur les conditions de travail et que ce n’est pas à négliger.
Nous leur avons demandé s’il avait été question d’une simplification de l’indemnitaire comme préconisé dans le PPCR. Ils ont dit n’avoir pas eu d’instructions sur ce sujet mais que leurs préconisations pourront aller dans ce sens.

Parce qu’il ne faut pas se leurrer, on peut résumer notre entretien par ce :

Quelles que soient les préconisations faites, le fameux changement se fera fin 2017 avec une charge de travail supplémentaire et, jusqu’à preuve du contraire, sans effectifs supplémentaires ni reconnaissance pécuniaire.

Parce que c’est ça le but de la Direction Générale !

Le PSD en repasse une couche en rabotant les fonctions support au niveau DI.
Qui va en pâtir ?
Nous tous, ceux qui perdront leur poste, ceux qui ne pourront pas assumer une charge de travail supplémentaire et in fine, tous les agents.
Les auditeurs ont précisé qu’après leur passage au ministère des Affaires étrangères, il y avait eu un abondement en effectifs, mais ils n’ont pu nous dire de combien ni si ces emplois étaient pérennes.
À noter aussi les délais ridiculement courts (3 mois) pour réaliser leur audit !!!! Ils ont reconnu que le délai imparti était très juste. Ils nous ont informé d’une dernière visite au CSRH courant mai pour examiner SIRHIUS.
Une nouvelle réunion avec les représentants des personnels nationaux est prévue le 21/04/17.

Ce qu’il faut retenir : une centralisation qui se fait aux forceps !

NB : Cette rencontre s’est tenue hors administration, avec tous les syndicats.
L’UNSA, à cette occasion, a remis un dossier aux auditeurs, dossier dont le contenu n’a pas été communiqué au reste de la délégation syndicale.

Documents joints à l'article :

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