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  • Posté le 11 août 2008.

N°2 - Bulletin d’information des luttes des travailleurs "sans papiers"

23 juillet 2008
Edito

Combattre les délocalisations "sur place" !

La société française est en train de prendre conscience que des branches entières de l’économie, les fameuses branches non délocalisables, sont assises sur le travail de salariés « sans papiers ». C’est un système économique parfaitement au point et totalement hypocrite.

Le discours répressif et martial des autorités tranquillise l’électeur xénophobe ou qui vit trop mal pour se sentir solidaire d’autres salariés encore plus mal lotis que lui.

Et dans le même temps, les grands groupes qui recherchent la rentabilité maximale exigent de leurs sous-traitants, façonniers, agents de nettoyage ou de gardiennage, plongeurs, cuisiniers ou manœuvres du bâtiment des délais et des coûts « dignes » de ce qui se pratique au fin fond de l’Europe ou de l’Asie.

Puisqu’on ne peut pas délocaliser le bâtiment, le nettoyage ou la restauration, ce ne sont pas ces entreprises qui partent pour trouver ailleurs du moins disant social et écologique, ce sont les salariés qui sont embauchés ici dans ces conditions moyenâgeuses.

Mais pour qu’un salarié maltraité ne revendique pas, il faut qu’il ait peur. En principe, les « sans papiers » sont ceux qui ont le plus peur. Le patron peut tout leur demander sans qu’ils « bronchent » : des salaires en dessous du Smic, des horaires interminables, des congés payés inexistants, du travail sale et dangereux sans aucune protection...

Le défi qui est lancé à notre syndicalisme est immense : ou nous laissons faire et nous aurons de plus en plus de mal à revendiquer dans ces branches qui sont déjà truffées de déserts syndicaux, ou nous parvenons à « assainir socialement » la situation en faisant régulariser tous ces salariés.

Depuis le 15 avril, de nombreux salariés sans papiers ont décidé de passer par dessus leur peur. Ils viennent voir en masse la CGT et, là où ils sont plusieurs, pour des centaines d’entre eux, se sont mis en grève.

A mi juillet 750 d’entre eux ont été régularisés. Grâce à cette régularisation, ils ont gagné la possibilité de se déplacer librement, d’aller au travail ou de faire leurs courses sans craindre d’être arrêtés et expulsés, bref, avec l’aide de la CGT, ils ont conquis un droit fondamental : la liberté de circulation. Mais cette liberté là en permet une autre, qui intéresse directement notre syndicalisme : quand un salarié a moins peur des représailles, il peut revendiquer, se défendre, gagner des droits sociaux. C’est alors le dialogue social qui s’ébauche dans l’entreprise. C’est le droit syndical qui se construit. Ce sont aussi des conditions de salaire et de travail qui sont remises d’aplomb.

Les travailleurs « sans papiers » ne prennent le travail de personne, ils font le travail dont personne ne veut. Gagnons avec eux des conditions de travail dignes du 21e siècle dans toutes ces branches. Ce sera bon pour tous les salariés !

Francine BLANCHE
Secrétaire de la CGT

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