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  • Posté le 4 mars 2020 / 69 visites

GT Egalité professionnelle Femmes/Hommes des 28/02 et 04/03/2020

Après un GT fin septembre 2019 et une rencontre bilatérale fin novembre 2019, la DG a réuni les OS en groupe de travail les 28 février et 4 mars pour réexaminer le plan directionnel sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes 2020-2022.

Ce plan se décline en 5 axes, 15 mesures et 40 actions.
- Axe 1 : Favoriser la mixité des métiers
- Axe 2 : Garantir l’égalité dans les parcours professionnels et l’égalité salariale
- Axe 3 : Mieux articuler vie professionnelle et vie personnelle
- Axe 4 : Prévenir et lutter contre les agissements et les violences sexistes et sexuelles
- Axe 5 : Améliorer la gouvernance pour un déploiement efficace de la politique en faveur de l’égalité professionnelle

Ce plan sera examiné et validé en comité technique fin mars.

Il y aura également une déclinaison locale de ce plan, dans chaque DI auprès de laquelle est institué un référent diversité, qui sera le responsable RH de la DI.

Nous avons insisté sur les actions proposées à l’axe 4, sur les violences à caractère sexiste et sexuel au travail et dans la sphère privée.

Les différentes rencontres avec la DG et notamment le bureau RH4 ont permis de livrer notre analyse et nos propositions sur un dossier que la CGT porte depuis de nombreuses années.

Vous trouverez ci-dessous la déclaration préalable lue lors du GT du 28 février.


Une grande ambition au départ
Un acte manqué à l’arrivée

Changer les méthodes de gestion des personnels – nous nous excusons d’être allergiques à la novlangue administrative et de ne pas avoir dit « disrupter les process RH » - changer les méthodes de gestion des personnels donc en tenant compte de la nécessité d’instiller une meilleure prise en compte de l’égalité professionnelles entre les femmes et les hommes et en combattant enfin les violences à caractère sexiste et sexuel, c’est une grande et noble ambition.

Prétendre glisser le petit grain de sable qui déréglera la sombre machine du patriarcat bien installée dans nos sociétés depuis des siècles, c’est mettre en œuvre une profonde révolution culturelle.

Mais pour faire en sorte que cette révolution culturelle aboutisse, qu’elle trouve une traduction concrète pour les femmes, il ne suffit pas d’ériger cette égalité professionnelle entre les femmes et les hommes comme une « Grande cause nationale ». Se payer de mots sur cette aspiration légitime n’est plus suffisant aujourd’hui.

Les accords relatifs à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes signés au niveau de la Fonction publique doivent être des points d’appui et nous permettre de proposer des actions qui vont de manière tangible changer le quotidien des femmes dans leur rapport au travail. Ces accords Fonction publique sont le reflet des débats dans notre société et c’est ce qui explique que les accords de 2018 représentent un progrès par rapport à ceux de 2013. Ainsi la mise en œuvre d’un plan d’action sur l’égalité professionnelle et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est passé de l’état de recommandation, de simple option donc, à celui d’obligation.

La situation et les attentes de la société étaient pourtant déjà profondes en 2013, mais c’est bien l’obligation stipulée dans l’accord FP du 30 novembre 2018 qui a fait que ce débat a pu être officiellement lancé dans notre administration.

Nous sommes de celles et ceux qui se font la réflexion que malgré l’explosion d’épisodes médiatiques marquants, comme les vagues #MeToo ou #BalanceTonPorc sur les réseaux sociaux fin 2017, les questions de l’égalité professionnelle et de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles avancent très lentement, trop lentement dans le monde du travail.

Et cela avance d’autant plus lentement quand ceux qui se trouvent en responsabilité politique font tout pour que cela n’aboutisse à rien de concret. Faire avancer la cause des femmes sans y mettre les moyens, c’est à peu près aussi efficace que prétendre sauvegarder et améliorer les retraites en déchirant le contrat du CNR de 1945 ! Et reconnaissons quand même une qualité à ces décideurs politiques : la constance. On découvre un problème avec l’émergence des violences conjugales ? On met en œuvre une grande conférence... qui n’aboutit à aucun renforcement des moyens pour lutter contre ce fléau. On érige l’égalité professionnelle en Grande cause nationale ? D’accord, mais en transformant un ministère en secrétariat d’Etat et sans accompagner cette volonté par des moyens financiers et humains supplémentaires. Et nous le constatons autant dans les discussions qui sont menées au niveau du ministère à Bercy que dans celles que nous avons eu dans notre direction.

L’autre aspect dérangeant dans les discussions auxquelles nous participons, c’est l’absence de prise en compte de la parole et des compétences des organisations syndicales en la matière.

En comptant la réunion de ce jour, nous avons eu 2 groupes de travail et une bilatérale sur ce sujet depuis fin septembre. Et nous constatons amèrement que le document qui nous a été transmis pour ce GT – dans des délais certes légaux mais très tardifs alors que le cycle des bilatérales est achevé depuis au moins 2 mois – n’a que très peu évolué depuis notre première réunion du 30 septembre dernier.

La CGT a pourtant fait des propositions en la matière et nous sommes persuadés que nous n’avons pas été les seuls. Un document de 11 pages vous a été remis lors de notre bilatérale du 28 novembre reprenant l’ensemble des revendications portées par la CGT au niveau Fonction Publique. Des propositions vous ont même été faites de travail en commun pour réussir à faire avancer cette cause essentielle (participation à des actions conjointes autour des journées du 8 mars et du 25 novembre).

Et que constatons-nous ? Que les représentants des personnels sont seulement cantonnés à participer à un seul GT annuel sur la question. Nous vous l’avons déjà dit le 30 septembre et le 28 novembre : c’est largement insuffisant.

Nos militantes et militants sont pourtant confronté·e·s – et pour certaines et certains depuis de très nombreuses années – à cette question de l’égalité professionnelle et des violences sexistes et sexuelles. Pour prendre en charge et accompagner au mieux les victimes de celles-ci, nos militantes et militants se sont formés, dans leur organisation syndicale ou en dehors. Ils connaissent les difficultés que l’on rencontre dans ces situations, ils sont capables d’identifier les freins et les obstacles auxquels sont confrontés les victimes, ils peuvent faire des propositions d’actions concrètes pour faire en sorte que l’on ne rajoute pas à la souffrance des actes d’agression sexiste ou sexuelle, celle du sentiment d’abandon de la part de la hiérarchie et de l’administration.

Mais cette volonté d’écarter les représentant·e·s du personnel est cependant peu surprenante dans une administration qui vient de s’engager dans la mise à mort du paritarisme et la promotion de l’individualisme et son corollaire d’arbitraire. Pour la CGT, cela n’augure rien de bon pour faire progresser la question de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, cela n’augure rien de bon pour faire reculer les violences sexistes et sexuelles et soutenir convenablement les victimes de celles-ci.

Au final, cette proposition de plan d’action ne sera donc qu’un acte manqué.

GT Egalité professionnelle Femmes/Hommes du 28/02/2020 - Déclaration préalable

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